L'opération militaire surprise des États-Unis au Venezuela a suscité un débat intense tant au niveau national qu'international. Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé sa préoccupation face à cette incursion unilatérale, tandis que des experts juridiques critiquent cette action comme une violation des normes internationales. La question se pose : Donald Trump a-t-il agi en toute légalité ?
« L'intégrité territoriale et la souveraineté des États doivent être respectées », a déclaré le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, lors d'une réunion d'urgence. Des pays comme la Russie et la Chine ont également condamné ces actions américaines, plaidant pour le respect des principes de non-ingérence dans les affaires internes des nations.
Pour Me Johann Soufi, expert en droit international, l'intervention est « une violation indiscutable de la Charte des Nations Unies ». Il rappelle que l'article 2(4) stipule clairement que les États doivent s'abstenir de toute action pouvant nuire à d'autres États, à moins d'une autorisation du Conseil de sécurité ou en cas de légitime défense.
Le président Trump a justifié cette incursion par des accusations de « narcoterrorisme » contre Nicolas Maduro, un argument qui, selon les experts, ne constitue pas une base légale solide pour une intervention militaire. Sébastien Touzé, professeur à l'université Panthéon-Assas, souligne que de telles justifications relèvent davantage de considérations politiques plutôt que de fondements juridiques.
Une vision impérialiste et la doctrine Donroe
Les responsables de l'administration Trump parlent d'une « opération de maintien de l'ordre », reflétant une perspective impérialiste selon laquelle les États-Unis considèrent le monde comme leur domaine d'action. En effet, cette doctrine rappelle la fameuse doctrine Monroe, qui stipule que l'Amérique est le pré carré américain.
Jacob Maillet, expert en politiques nord-américaines, déclare que cette nouvelle approche implique que les États-Unis se prennent pour les gendarmes de l'Amérique latine. La récente Stratégie de sécurité nationale 2025 renforce également cette idée, affirmant que Washington doit garantir son accès aux ressources stratégiques de la région.
Les implications pour le Congrès américain
Au sein des États-Unis, de nombreux parlementaires s'interrogent sur cette surenchère militariste. Hakeem Jeffries, leader des démocrates à la Chambre, a qualifié cette intervention de « véritable acte de guerre », tandis que Chuck Schumer a critiqué le manque de consultation avec le Congrès, ce qui va à l'encontre des principes constitutionnels américains.
Trump a clairement affirmé ne pas avoir jugé nécessaire d'informer le Congrès, sapant ainsi le rôle traditionnel de cet organe. Jacob Maillet souligne que cette dérive envers une présidence impériale, où le président agit sans approbation législative, pourrait poser de graves questions à l'avenir concernant l'équilibre des pouvoirs aux États-Unis.
En conclusion, l'intervention militaire au Venezuela soulève des préoccupations majeures tant sur le plan international qu'au sein des États-Unis. La communauté internationale continue de surveiller de près l'évolution de cette situation, qui pourrait avoir des conséquences durables sur les relations internationales et l'utilisation de la force.







