Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est engagé à prendre des mesures significatives pour répondre aux préoccupations des agriculteurs. Lors d'une rencontre organisée ce lundi et mardi, il a cherché à apaiser les tensions qui menacent de ressurgir après une pause relative durant les fêtes. Les agriculteurs, déjà sur le pied de guerre, remontent en première ligne face à plusieurs crises : la dévastatrice épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) touchant les bovins, des prix du blé en chute libre et une hausse vertigineuse des coût des engrais qui grèvent les céréaliers, sans oublier la menace de concurrence accrue due à l'accord de libre-échange avec le Mercosur.
Dans le Sud-Ouest, en proie à cette crise sanitaire, la vaccination du cheptel avance rapidement, avec 74,7 % des bovins déjà vaccinés. Toutefois, il faudra attendre trois semaines après l'injection pour que les animaux soient considérés comme immunisés. La situation est d'autant plus préoccupante que des foyers de DNC viennent d'être identifiés, notamment en Ariège, mettant en évidence un urgent besoin de mesures préventives.
Dans une lettre ouverte aux agriculteurs, Sébastien Lecornu a souligné les sentiments d'injustice ressentis par les producteurs. "Un sentiment d'iniquité structurelle et un empilement de règles déconnectées de la réalité du terrain mènent à une crise palpable dans le secteur agricultre", a-t-il reconnu. Face à cela, il a promis de simplifier les réglementations et d'adopter une approche plus offensif vis-à-vis de l'Union européenne, exhortant l'UE à intensifier ses contrôles aux frontières pour les produits ne respectant pas les normes sanitaires.
Malgré ses promesses, les syndicats agricoles jugent les réponses du gouvernement comme "insuffisantes". La FNSEA, un des principaux syndicats, a exprimé sa frustration, déclarant que les annonces faites ne répondent pas aux préoccupations immédiates concernant les revenus des agriculteurs. Le syndicat réclame des mesures plus radicales, comprenant une législation pour "relancer la production et éliminer les contrôles superflus qui étouffent le secteur".
Alors que la mobilisation des agriculteurs reprend de plus belle, un consensus s'établit sur la nécessité d'une vaccination généralisée des bovins. Les syndicats tels que la Coordination rurale et la Confédération paysanne continuent de mener des actions de protestation, des blocages de routes aux occupations de ronds-points, soulignant la nécessité d’une action immédiate pour éviter des crises futures similaires. "Si cela se passe mal, il sera nécessaire de monter à Paris, en tracteurs ou en voitures", a averti José Pérez, président de la Coordination rurale 47, anciennement célèbre pour ses manifestations impactantes.
En résumé, la situation agricole en France est devenue une question brûlante nécessitant une attention urgente et stratégique. Les agriculteurs aspirent à un soutien réel et durable pour surmonter ces défis multiples et criants.







