Paris (France) – Plusieurs organisations de défense des droits LGBT+ ont annoncé avoir déposé une plainte auprès du procureur de Paris contre la société Meta, ainsi que son directeur général Mark Zuckerberg, pour des actes d'injure et de discrimination à caractère homophobe et transphobe.
Les collectifs impliqués, tels que Mousse, Stop Homophobie, Adheos et Familles LGBT, dénoncent une nouvelle politique de modération sur Facebook et Instagram, qui semble permettre le partage de propos qualifiant de "maladie mentale" ou d'"anormalité" certaines identités de genre ou orientations sexuelles. Selon ces associations, ces affirmations violent le droit français et européen, qui protège contre de tels discours.
Un exemple marquant de cette politique problématique se trouve dans la réponse de Meta à des signalements concernant des commentaires hostiles dirigés vers une personnalité transgenre. Ces commentaires ont été considérés comme "haineux", mais Meta a refusé de les supprimer, ce qui a renforcé les accusations de laxisme face à la haine en ligne.
Les plaintes vont plus loin, accusant Meta de pratiques discriminatoires à l'égard de la communauté LGBT+. Les associations signalent également des cas où des contenus et des comptes sont supprimés ou limités, notamment concernant des événements LGBT+ en France. En août 2025, plusieurs comptes d'organisateurs d'événements LGBT+ tels que ReplicantEvents et TechNoireParis ont été fermés sans explication claire.
Cette situation soulève des questions sur l'engagement de Meta envers la diversité et l'inclusion, particulièrement après que Mark Zuckerberg a initié des changements qui semblent alignés sur des valeurs conservatrices, notamment depuis la deuxième élection de Donald Trump. L'assouplissement des règles de modération sur les réseaux sociaux, combiné à la fin des programmes de diversité au sein de l'entreprise, soulève des inquiétudes parmi les défenseurs des droits civiques.
Les experts de ces questions, tels que le sociologue Thomas France, soulignent que ces incidents reflètent une tendance inquiétante dans la régulation des discours en ligne : "Les plateformes doivent non seulement protéger les utilisateurs contre la haine, mais aussi promouvoir un environnement où toutes les voix peuvent s'exprimer sans crainte de discrimination. L'inaction face à la haine n'est pas une option."
Meta n'a pas encore réagi à cette plainte, mais il est clair que la pression pour un changement de politique est de plus en plus forte alors que la société civile s'organise pour défendre les droits des groupes marginalisés.







