Le Venezuela, encore sous le choc du double séisme du 24 juin, fait face à des critiques acerbes concernant la solidité des constructions dans les zones sinistrées. Selon le quotidien turc Cumhuriyet, la société impliquée, Summa Insaat, serait fautive en ne respectant pas la législation antisismique. La société a fermement démenti ces accusations.
Depuis ce terrible événement qui a coûté la vie à 3 811 personnes et laissé plusieurs milliers de disparus, les regards se tournent vers les responsables de la construction. Après le séisme en Turquie en 2023, qui a fait 53 237 décès, les entreprises turques sont à nouveau mises en cause pour leur non-respect des normes de sécurité, comme le rapporte Cumhuriyet.
La coopération entre le Venezuela et la Turquie remonte à 2010, lorsqu'un programme de construction de logements avait été lancé en échange de pétrole. À l'époque, un responsable turc vantait la rapidité de leur action, promettant un délai de onze mois pour la fin de milliers de logements. Ces promesses, cependant, n'ont pas tenu. Des résidents de La Guaira, l'une des villes les plus touchées, ont partagé leur désillusion. "En 2014, nous avons cru que ces maisons étaient résistantes aux tremblements de terre. Aujourd'hui, beaucoup d'entre nous sont en deuil et plusieurs proches restent introuvables," a déclaré un habitant.
Un journaliste turc basé au Venezuela a témoigné que près de 800 personnes auraient perdu la vie dans ces logements défectueux, tandis que 600 autres seraient toujours portées disparues. Face à cette tragédie, Summa Insaat conteste ces chiffres, affirmant que ses travaux respectaient la réglementation locale. Les critiques sur la qualité de construction mettent en lumière des lacunes réglementaires dans le secteur du BTP, où le souci d’économiser sur les coûts a primé sur la sécurité des infrastructures.
“Dans de telles situations, la première priorité devrait être la sécurité des individus, et il est fortement déplorable que des pratiques douteuses aient pu mener à de telles pertes humaines”, a commenté un expert en ingénierie civile interrogé par l'agence Anadolu. La situation soulève des questions fondamentales sur les réglementations de construction, non seulement au Venezuela mais également à l’international, où des sociétés semblables opèrent sans davantage de contrôle.







