Après une longue période d'incertitude, le Parti Socialiste (PS) se prépare à voter jeudi pour mettre fin à ses querelles internes liées à la campagne présidentielle. Les militants auront pour mission de déterminer les contours de la primaire de l'espace socialiste, sujet qui divise encore Olivier Faure et ses opposants.
Deux options seront soumises aux votants, qui auront la possibilité de se rendre sur place entre 17h et 22h. Les deux propositions prennent acte de la tenue d'une primaire au sein de l'arc social-démocrate, incluant le PS et Place publique, mais divergent quant au corps électoral.
Olivier Faure, le premier secrétaire, mise sur l'ouverture du vote aux "sympathisants" des socialistes, espérant ainsi toucher un large public. On envisage entre 500.000 et un million de participants potentiels. Faure souhaite également qu'une fois le vainqueur désigné, il participe à une primaire unitaire de la gauche, aux côtés des Écologistes et d'anciens membres de La France Insoumise comme Clémentine Autain et François Ruffin.
À l'opposé, ses détracteurs, dont le chef des députés Boris Vallaud, proposent que seuls les "militants" du PS et d'autres mouvements affiliés au pôle socialiste aient vote. Cela inclut Place publique et La Convention, dirigée par l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.
Le vote de jeudi décidera des modalités d'un autre scrutin à venir, celui de la primaire de l'espace socialiste. Cette élection pourrait également mener à un nouveau vote (la primaire de la gauche unitaire) avant la présidentielle. Une situation frustrante pour le PS qui observe les autres partis officialiser leurs candidats.
"Nous devons avancer et sortir de cette impasse qui ternit notre crédibilité", a exprimé l’entourage d’Olivier Faure. Boris Vallaud a quant à lui souligné le retard pris par le PS : "Tous les partis ont leur candidat, sauf nous".
Les résultats du vote pourraient confirmer une tendance selon laquelle les opposants à Faure, devenus majoritaires depuis le dernier congrès, pourraient l’emporter. Cependant, des craintes concernant la participation sont évoquées, notamment celle des jeunes. Un membre de l'équipe de Faure a admis : "Nous anticipons une faible participation, ce qui pourrait jouer contre nous".
Cette situation remet aussi en question le mandat d'Olivier Faure, déjà mis en minorité au sein du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. "Il est insubmersible", ironise un de ses opposants. Ceux qui appellent à sa démission ne manquent pas, mais son entourage reste ferme : "Cela a été le cas chaque semaine depuis qu'il est à la tête du parti depuis huit ans".
Pour l’heure, le seul candidat déclaré pour la primaire socialiste est Philippe Brun, député de l'Eure, tandis que Jérôme Guedj, député de l'Essonne, et Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, ont choisi de se présenter hors-primaire.
Les annonces des figures importantes telles qu'Olivier Faure, Boris Vallaud et Raphaël Glucksmann, qui est vu comme un potentiel candidat dans l'espace social-démocrate, seront surveillées de près. Bien qu'il n'ait pas encore confirmé ses intentions, il sait qu'il ne pourra pas se lancer efficacement dans la course à l'Élysée sans le soutien des structures du PS.
Le camp de Faure est inquiet d'un éventuel isolement qui pourrait plonger le PS dans une spirale négative. Un membre dudit camp a affirmé : "Nous risquons de disparaître dans un soutien constant au macronisme".
Parallèlement, à gauche, Jean-Luc Mélenchon de La France Insoumise semble prendre de l'avance dans la course, ce qui complique encore davantage les perspectives du PS. "De l'autre côté, il n'y a rien, et cela favorise notre avance. Néanmoins, le PS doit rapidement trouver une direction claire et constructive", a-t-il récemment déclaré.







