Le service national STOP offre une écoute et un soutien aux personnes ressentant une attirance sexuelle pour les mineurs, les orientant vers des professionnels de santé pour éviter tout passage à l’acte.
« Il y a quelque chose qui ne va pas. Je suis trop attaché à cet enfant », confie un jeune homme au téléphone après avoir composé le numéro du dispositif STOP, dédié à ceux qui luttent avec leurs pulsions. Cet appel a été dirigé vers l’hôpital Ville-Évrard, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), où l’une des lignes de ce service gratuit est gérée. Le premier contact se fait via le 0 806 23 10 63, un numéro d'écoute, d'orientation et de prévention des comportements criminels.
« L’idée du numéro STOP est d’intervenir en amont du passage à l’acte », explique le psychiatre Daniel Pinède. Le dispositif, instauré en 2020, se déploie à travers 35 antennes en France et est administré par le ministère des Solidarités et de la Santé. Dans un contexte marqué par l’actualité, les appels se sont intensifiés récemment, notamment suite à l’affaire tragique de Lyhanna, une collégienne disparue retrouvée morte en juin dernier.
Le suivi des appelants
Géraldine Lenfant, infirmière au détour d’un appel, évoque le profil d’un jeune homme dans la vingtaine, vivant chez sa mère, ayant vécu une rupture de contrat professionnel suite à des comportements inappropriés. « Il a tendance à s'exprimer sur la proximité qu’il avait avec certains enfants, tout en affirmant n’avoir jamais eu de gestes inappropriés », précise-t-elle. Un rendez-vous est proposé pour parler de ses difficultés et examiner l’aspect relationnel ainsi que des éventuels comportements problématiques, y compris la consommation de contenus inappropriés.
Les personnes qui contactent le dispositif se trouvent souvent dans une situation de souffrance, peinant à discuter de ces sujets délicats. « La honte est omniprésente. Si elles appellent ici, c'est rarement sans difficulté », continue Géraldine Lenfant. En 2025, STOP a enregistré plus de 4 500 appels, dont 90 % émanaient d’hommes dont l’âge moyen est de 37 ans.
Prévention et prise en charge
Des études mentionnées par ces centres d’appel révèlent qu'entre 4 % et 13 % de la population pourrait présenter des troubles pédophiliques. La majorité d’entre elles reste abstinente, ne présentant pas de danger pour autrui. Comme le souligne le Dr Pinède, « il est crucial d’obtenir un diagnostic et de proposer aux patients une aide adaptée ». Tous les individus souffrant d’attraction ne sont pas des criminels, mais il est impératif de leur offrir des solutions pour prévenir les risques potentiels.
Le plus préoccupant pour l’équipe médicale est de veiller à ne pas négliger une urgence. Comme le rappelle Géraldine Lenfant, des lois encadrent la levée du secret professionnel lorsque des menaces imminentes pèsent sur des mineurs. En 2025, environ 150 signalements ont été effectués par leur intermédiaire, ce qui a conduit à des interventions judicielles lorsque nécessaire.







