Depuis son image de collectif humanitaire, SOS Donbass est désormais sous le feu de l’enquête de la DGSI. Son président, Vincent Perfetti, militant d’origine corse, est mis en examen pour des soupçons d’intelligences avec une puissance étrangère suite à des échanges sur Telegram avec des agents présumés du GRU, le renseignement militaire russe.
Une façade humanitaire, un agenda politique
SOS Donbass, fondée par l'activiste franco-russe Anna Novikova, s’est positionnée depuis 2022 comme un pilier de soutien aux populations ukrainiennes du Donbass, zone à moitié annexée par la Russie. Cependant, cette image humanitaire se fissure au gré de l’enquête menée par le renseignement français. Lors de manifestations et d’actions de visibilité, comme celle devant le siège de l’OTAN à Bruxelles, l’association a récupéré un réseau d'environ 300 soutiens à travers la France, d’après une source de Le Parisien.
Un parcours militant à double tranchant
Vincent Perfetti, ancien membre du Front national, a un passé engagé qui soulève des inquiétudes. En tant que neveu d’Alain Benajam, cofondateur de l’association Novopol, soupçonnée de recruter des volontaires pro-russes pour le Donbass, Perfetti a été impliqué dans des manœuvres électorales controversées. Sa phrase fétiche, "Corse de sang et Russe de cœur", résume un parcours où nationalisme et sympathies pour Moscou s'entremêlent.
Communication suspecte avec le GRU
Les investigations menées par les enquêteurs ont permis de mettre en lumière des conversations sur Telegram entre Perfetti et des agents du GRU. Selon Le Parisien, ces messages contiennent des propositions d’opérations de harcèlement contre des entreprises françaises fournissant l’Ukraine, révélant un niveau d’inquiétude pour la sécurité nationale. Perfetti aurait même évoqué la possibilité d'actions coordonnées avec des mouvements nationalistes corses, bien que ces affirmations nécessitent encore vérification.
Une qualification judiciaire alarmante
Le 3 avril, Vincent Perfetti a été mis en examen pour des faits d’intelligences avec une puissance étrangère, une infraction qui pourrait entraîner des conséquences sérieuses. La DGSI, consciente de la gravité de ce dossier, a alerté le ministère de l’Intérieur. Anna Novikova, bien que non mise en examen à ce stade, se retrouve également dans le viseur de l’enquête pour son rôle potentiel dans des actes d'espionnage.
Une défense intrépide
Réactivité du côté de la défense : l’avocat de Perfetti, Me David Bocobza, a qualifié les accusations de "lecture fantasmée" du dossier, arguant que les opinions géopolitiques divergentes ne devraient pas être criminalisées. Il insiste sur le fait que rien n’a été jugé et que les frontières entre l’engagement politique et l’intelligence étrangère nécessitent une clarification judiciaire. À ce stade, Perfetti fait valoir son droit au silence dans cette affaire complexe.







