À l'approche du vote décisif sur la loi concernant l'euthanasie, le pape Léon XIV pourrait envisager de conditionner sa visite en France, prévue pour septembre 2026, à l'abrogation de cette législation controversée. Une pétition, lancée sur Change.org le 6 juillet, interpelle directement le souverain pontife et sollicite son intervention.
Les signataires, un collectif de laïcs catholiques, redoutent que cette visite ne soit exploitée à des fins politiques. Ils craignent que des élus, qui auraient soutenu la loi, ne parviennent à se faire photographier aux côtés du pape, légitimant ainsi des décisions qu'ils estiment contraires aux doctrines de l'Église. "Il serait choquant que ce voyage soit l’occasion d’une récupération politicarde", émettent-ils, cherchant à éviter une instrumentalisation de cet événement.
La loi, qui institue un droit à l'aide à mourir pour les patients atteints de maladies graves et incurables, a déjà connu plusieurs changements et révisions parlementaires. Adopter le texte le 30 juin par l'Assemblée nationale avec 295 voix pour et 232 contre, souligne un soutien croissant de la part des institutions françaises, y compris du gouvernement. Des critiques, comme celles des Petites Sœurs des Pauvres, se multiplient, arguant que l'euthanasie entraîne des menaces sur la liberté de conscience.
Il est intéressant de noter que dans un précédent discours, lors d'une visite en Espagne, le pape Léon XIV avait insisté sur la protection de la vie "depuis sa conception jusqu'à son déclin naturel". Ce double discours sur la vie face à une législation pro-euthanasie pourrait créer un fossé politique en France, où les oppositions s'intensifient. L'inquiétude des catholiques face à une possible adoption définitive de la loi, couplée à une visite papale, est palpable. Ils craignent que la venue du pape ne soit interprétée comme un soutien tacite à une législation qu’ils considèrent immorale.
Les signataires invoquent le précédent historique d'Innocent III, qui avait interdit son royaume pour influencer des décisions politiques. "Vos paroles prophétiques risquent de ne toucher que des convaincus, sans mettre un terme à leur impuissance à changer le cours des choses", affirment-ils dans leur lettre au pape. Finalement, alors que la date du vote approche, le débat sur la loi euthanasie s'intensifie, tout en pesant lourdement sur l'affaire délicate de la visite du pape.







