Marine Le Pen, à la tête du Rassemblement national, a surpris en annonçant sa candidature à la présidence, malgré une récente condamnation en appel. Ce mercredi, elle débute sa campagne dans la Sarthe, affichant sa détermination face aux critiques de ses rivaux politiques.
Accompagnée de Jordan Bardella, pressenti comme son Premier ministre en cas de victoire, Le Pen se rendra sur le marché de La Flèche, une commune où le RN a récemment triomphé.
La décision de Le Pen intervient suite à un arrêt judiciaire qui confirme sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Bien que sa peine d'inéligibilité ait été réduite à 45 mois, dont 30 avec sursis, elle reste acculée par les controverses entourant sa situation légale.
Le Pen a également reçu une sanction, incluant trois ans d'emprisonnement, dont un sous bracelet électronique. Néanmoins, elle a assuré qu'elle poursuivrait sa campagne, espérant que son pourvoi en cassation suspendra l'exécution de sa peine. Son choix s'inscrit dans une stratégie complexe visant à jouer sur les délais des procédures judiciaires, bien que certains, comme Louis Aliot, maire de Perpignan, encouragent un ralentissement du processus judiciaire.
Les craintes pour la suite de sa candidature sont palpables. Si la Cour de cassation ne s'exprime pas rapidement, Le Pen pourrait se retrouver à mener une campagne électorale contrainte par des restrictions judiciaires, un scénario qu'elle a jusque-là rejeté.
La procureure générale de la cour d'appel de Paris a d'ores et déjà signalé que si une décision venait à être rendue rapidement, elle serait prête à faire appliquer la sentence sans délai.
En dépit de son audace, sa position suscite de vives réactions. Gabriel Attal, candidat de Renaissance, a dénoncé une tentative de pression sur la justice, tandis que Raphaël Glucksmann a critiqué la moralité de sa candidature étant donné ses condamnations précédentes. Au contraire, le député RN Jean-Philippe Tanguy argue que Le Pen est présumée innocente tant qu'elle fait appel.
Cela soulève des questions sur la réception de sa candidature par l'électorat. Selon des analyses d'experts, des sympathisants pourraient voir en elle une figure déterminée, mais la réputation écornée par les affaires judiciaires pourrait nuire à ses aspirations. La cour d'appel a affirmé que Le Pen et d'autres étaient responsables d'une « organisation » visant à rémunérer des personnes travaillant pour le parti en tant qu'assistants parlementaires, causant un préjudice au Parlement européen de 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.







