Par Olivier Pirot
Marine Le Pen a lancé sa campagne présidentielle avec assurance, profitant d'une récente décision de la cour d'appel de Paris qui lui permet de se présenter à l'Élysée. Elle utilise même cet épisode judiciaire comme un symbole de force, espérant motiver ses partisans.
Toutefois, les sondages indiquent que les problèmes juridiques qui frappent Le Pen et son parti n'affectent pas réellement son électorat. Selon plusieurs analystes, elle semble avoir un socle de soutiens solide, lui permettant de prétendre au second tour. Pourtant, malgré ses affirmations de sécurité, les risques juridiques demeurent omniprésents et, comme le souligne un expert en politique française, "dans la campagne, tout peut basculer à tout moment".
Mais cette base électorale suffira-t-elle pour gagner ? La réponse dépendra de ses adversaires et du finaliste qui l'acceptera. Une question demeure cruciale : une majorité d'électeurs sera-t-elle prête à élire une candidate ayant été condamnée à deux reprises pour des détournements de fonds publics? Les sommes en jeu s’élèvent à près de trois millions d’euros, bien que sans enrichissement personnel pour elle, les fonds ont profité à des membres de son parti. Cette situation est d'autant plus délicate pour une candidate qui prônait, il n'y a pas si longtemps, un bannissement "à vie" des politiques condamnés.
En ce qui concerne la Cour de cassation, elle ne juge que sur des éléments procéduraux. Si elle refuse le pourvoi de Le Pen, elle sera déclarée définitivement coupable. En revanche, si elle annule la décision de la cour d'appel, un nouveau procès pourrait être nécessaire, mais celui-ci ne devrait pas avoir lieu avant le premier tour de l'élection.







