Macron rappelle la nécessité de défendre l'abolition de la peine de mort

Le président avertit : l'abolition de la peine de mort reste fragile et doit être défendue.
Macron rappelle la nécessité de défendre l'abolition de la peine de mort
Robert Badinter reste la figure centrale de l’abolition de la peine de mort en France.  - Jacovides / POOL/SIPA

Quarante-cinq ans après son abolition, la peine de mort refait surface dans les discussions publiques. Emmanuel Macron a exprimé ses préoccupations ce mardi lors du Congrès mondial contre la peine de mort à Paris, affirmant que ce retour est réel et problématique. Il a souligné que la situation est précaire.

« Rien n’est acquis », a-t-il insisté, notant que ce combat est « éminemment contemporain ». Le président a souligné que l’idée de l’abolition n’est pas encore intégrée dans les mentalités, requérant une vigilance constante vis-à-vis des changements d’opinion.

Des faits divers qui relancent le débat

Le discours de Macron a mis en avant une tendance troublante, indiquant que « la bataille pour l’abolition est toujours actuelle, car le débat émerge de nouveau dans nos sociétés ». Les récents meurtres de la petite Lyhanna et du jeune Louis ont intensifié ces discussions. Selon un sondage CSA du 14 juin, 68 % des Français se disent favorables à un référendum sur son rétablissement pour certains crimes.

Un argument de sécurité contesté

Emmanuel Macron a fermement rejeté l'argument selon lequel la peine de mort serait une solution sécuritaire. « Elle n’a jamais rendu la société plus sûre. Cela a été observé, mesuré », a-t-il déclaré. En redéfinissant le débat, il l’oriente vers des faits plutôt que des perceptions erronées.

Le président évoque aussi la dimension morale de l’abolition, insistant sur le fait que « personne ne mérite de perdre son humanité ». Il met en garde contre les risques persistants dans de nombreux pays, qualifiant la lutte contre la peine de mort d’« essentielle pour nos sociétés démocratiques ».

À l’international, la peine capitale demeure largement en pratique. Bien que 114 États l’aient abolie, plusieurs ont connu une augmentation des exécutions, souvent utilisées comme moyen de répression. Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice française pour les droits de l’homme, note que la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak figurent parmi ceux ayant effectué le plus grand nombre d'exécutions en 2024. En Iran, au moins 1.639 personnes ont été exécutées en 2025, un chiffre alarmant depuis près de quatre décennies.

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