"Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?", "peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?"... Lundi matin, 530.000 élèves ont tenté de répondre à ces questions lors de l'épreuve de philosophie, ouvrant ainsi le bal des épreuves écrites du bac. Cette session sera également marquée par l'accent mis par le ministre de l'Éducation sur l'importance de l'orthographe.
En filière générale, les lycéens peuvent choisir entre deux sujets de dissertation : "Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?" ou "peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?" Ils ont également l'opportunité d'analyser un extrait de "Humain, trop humain" de Friedrich Nietzsche.
Pour la filière technologique, les élèves doivent se pencher sur "Débattre, est-ce chercher la vérité ?" ou "La technique peut-elle être mauvaise ?", avec une analyse d'un texte tiré de "Le Juste" de Paul Ricœur.
Les 386.312 élèves de terminale générale et 146.687 en technologique ont investi leurs salles de classe dès 08H00, avec un délai jusqu'à midi pour rendre leurs copies.
- La pression avant l'épreuve -
Avant l'examen à Strasbourg, Julie Kibler, tout juste âgée de 18 ans, a confié à l'AFP qu'elle ressentait une certaine pression : "Pour moi, la philo, c’est abstrait ; il est possible d'obtenir un 7, un 12 ou un 17 selon le correcteur et le moment."
Son amie Melissa, 17 ans, s’est montrée plus confiante, déclarant qu'elle espérait que les thèmes abordés touchent à la "justice", la "nature" ou la "vérité". Matthieu Francart, 18 ans, a ajouté qu'il se sentait rassuré, même si la philosophie n’était qu'une matière de cette année.
Jack Lalloum, 19 ans, s'est montré serein : "Démarrer avec un bon contrôle continu me met à l'aise", a-t-il déclaré au lycée Louis Armand de Nogent-sur-Marne.
À l'opposé, Oumou, 17 ans, a avoué être anxieuse : "Je vais opter pour le commentaire de texte plutôt que la dissertation !"
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, est venu encourager les élèves : "Vous allez voir, tout ira bien", a-t-il promis.
"J'ai adoré la philosophie, c'était une révélation pour moi", a-t-il ajouté, évoquant ses propres résultats au bac philo. "Cette épreuve incarne notre identité nationale, valorisant la réflexion contradictoire, le débat et le pluralisme dans notre éducation."
- Corollaire de la langue -
Cette année, le ministre a clairement indiqué que "la maîtrise de la langue" sera au cœur des préoccupations. "Pour avoir une pensée claire, il faut savoir s'exprimer correctement", a-t-il insisté.
Bien qu'aucun point ne sera directement déduit pour des fautes d'orthographe, un barème pourra être appliqué en cas de niveau d'expression jugé insuffisant.
Depuis la réforme du bac de 2019, la note finale combine à 40% le contrôle continu et 60% les épreuves terminales. Les prochaines épreuves de spécialité auront lieu entre mardi et jeudi, suivies par le grand oral entre le 22 juin et le 1er juillet. Les résultats seront dévoilés le 7 juillet.







