Invité de BFMTV le 14 juin dernier, Xavier Bertrand, le président Les Républicains des Hauts-de-France, a exprimé son désir de rassembler autour d'une vision d'« unité du pays » tout en se préparant pour la présidentielle de 2027. Ses commentaires sur les musulmans, les juifs ainsi que sur ceux qui ne se sentent pas représentés par les codes traditionnels français ont cependant suscité de vives réactions au sein de la droite.
Un débat sur la représentation en France
Lors de son intervention, Bertrand a souligné qu'il parcourait la France « sans les médias » afin d'éprouver ses idées auprès des citoyens. Des discussions avec diverses populations, comme des mères célibataires et des entrepreneurs, l'ont convaincu de la nécessité d'une réponse à une crise de cohésion nationale, allant au-delà d'un simple projet présidentiel.
Il a également pointé la difficulté de vivre en France pour une personne musulmane, juive, ou tout individu « pas blanc de peau » ainsi que pour ceux dont le prénom ne renvoie pas au calendrier grégorien. En ajoutant les Français se sentant « invisibles » ou « oubliés », Bertrand a promis un respect pour tous, tant que la loi et la République sont respectées.
Une droite de réconciliation ?
Ces propos s'inscrivent dans une vision que Bertrand tente de promouvoir : celle d'une droite qui prône à la fois l'ordre et la réconciliation, en se réclamant directement de l'héritage de Jacques Chirac. Sur BFMTV, il a également mis en avant une « droite républicaine » en opposition à celle de Bruno Retailleau, désigné par les adhérents LR comme le candidat officiel du parti pour 2027. "C'est la droite de Chirac, mais ce n'est pas celle de Bruno Retailleau", a-t-il insisté, creusant ainsi le fossé entre les deux hommes.
Réactions contrastées
Les mots de Bertrand ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant des critiques notamment sur la mention du « calendrier grégorien ». La journaliste Géraldine Woessner a exprimé l'incompréhension que cela a provoquée en notant : "Mais qu'est-ce qu'il raconte ?!?". Au sein de la droite, plusieurs militants ont dénoncé un repentir identitaire et un décalage par rapport aux préoccupations de l'électorat conservateur.
De son côté, Philippe Vardon, figure de la mouvance identitaire, a raillé Bertrand, disant qu'il aimerait voir le politicien se porter candidat pour évaluer l'attrait de son discours. D'autres ont présenté Bertrand comme un adversaire idéal pour Marine Le Pen et Jordan Bardella, le percevant comme une figure modérée incapable de répondre aux enjeux de l'immigration et de l'insécurité.
Xavier Bertrand : "Ce qui me marque aujourd'hui, c'est qu'il est difficile de vivre en France quand on est musulman, juif, quand on n'est pas blanc de peau, quand on ne porte pas un prénom du calendrier grégorien." pic.twitter.com/zmNKrtE3Jo
Ce positionnement de Bertrand semble donc naviguer entre la nécessité d’unir la droite tout en interrogeant les fractures sociales qui traversent la société française, une tâche complexe à l’aube d’une élection cruciale.







