Dans un discours percutant, l'écrivaine féministe et anarchiste Sarah Haidar explore les mécanismes de domination patriarcale, critiquant l'hypocrisie qui les soutient tout en redonnant la voix aux victimes. Ce manifeste est un cri de révolte pour mettre fin à l'impunité qui a trop longtemps prévalu.
« Voici votre défaite, messieurs du Pouvoir Masculin : exposée, troublée, et prise dans une réalité déformée. Pour vous, ces femmes et ces enfants n’ont été que des objets, des entités conçues pour assouvir votre besoin de domination », déclare Haidar. Elle souligne que face à ces actes, de nombreuses victimes ont d’abord nié l'horreur de leur situation, se fiant à l'image que vous projetiez.
Vision troublée, corps paralysés
Il ne leur faut pas longtemps pour percevoir cette lueur dangereuse dans vos yeux, révélant la véracité de leur situation. À ce moment-là, leur monde s'effondre, tout devient sombre et l'angoisse les fige. Les couleurs de la vie s’estompent, alors que vous retrouvez votre capacité à nuire, augmentant vos paroles malveillantes. Ce moment de puissance illimitée est ce qui vous motive, envisagé voire préparé par vos fantasmes.
Vous fantasmez à l’idée d’une domination absolue, lorsque vous discutiez paisiblement avec cette femme, marchant vers votre objectif avec une confiance injustifiée de sa part. À ce stade, elle devient une proie, perçue comme vulnérable et aucune autre considération n’émerge dans votre esprit.
En attendant le prochain féminicide
Alors que l’affaire Patrick Bruel jaillit du passé, Lyhanna, victime atterrante, rappelle que ce n'est qu'un exemple de la tragédie qui se joue en silence. Les débats politiques ne font que renforcer le statut quo au lieu de proposer des solutions concrètes.
Nous voyons des promesses de réforme—des propositions comme la castration chimique ou le durcissement des peines—au lieu d’un réel changement. Ces discours, bien qu'attrayants, auront tous disparu au moment où le prochain drame surviendra, reléguant tout à l'oubli momentané.
Cette dynamique s'inscrit dans un cadre plus large où les voix contre les violences faites aux femmes sont souvent minimisées, traitées comme étant des « hystériques » et dévalorisées dans le cadre sociopolitique actuel. Les récits de victimes qui souffrent sous le poids d’un système patriarcal oppressif doivent désormais trouver un écho urgent et fort.
Un appel à la vengeance
La douleur causée par ces violences insupportables et le scepticisme envers les promesses politiques demeurent palpables parmi les victimes et leurs soutiens. Les experts s’accordent à dire que le chemin vers la reconstruction nécessite plus qu'une justice punitive ; il faut une transformation radicale et collective des mentalités. Le changement n’est pas qu’un vœu pieux, mais un impératif qui doit nous guider.
« Un jour, nous aspirerons à une revanche claire, juste et poétique contre cet ordre masculin oppressive. Mais aujourd’hui, croyez, Messieurs du Pouvoir Masculin, vous ne connaîtrez plus la paix », conclut Haidar, rassemblant l’énergie féroce d’un mouvement en marche vers l’égalité.







