La municipalité Rassemblement National de Carpentras, dirigée par Hervé de Lépinau, a officialisé vendredi 5 juin la suppression de la subvention accordée au Planning familial, un organisme clé dans l'éducation à la santé sexuelle. Selon le média 20 Minutes, cette décision a suscité de vives réactions au sein de la communauté.
Le nouveau maire, fervent catholique, a déjà alimenté la polémique par le passé en faisant des déclarations controversées concernant l'avortement. Il avait, par exemple, comparé cette pratique à des atrocités extrêmes, comme celles commises par Daesh. "On est dans un combat d'idées, leurs valeurs sont radicalement opposées aux nôtres", a déclaré Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial en Vaucluse. Elle a ajouté que le montant de la subvention s'élevait à 3 000 euros, un soutien pourtant crucial pour l'association.
— Une décision attendue mais symbolique —
Après les élections municipales de mars dernier, la présidente du Planning familial s'était préparée à cette issue, malgré le fait que cette subvention ne représentait qu'une fraction d'un budget plus vaste. "Bien que cela ne soit pas très significatif financièrement, sa suppression est symboliquement lourde de sens", a-t-elle expliqué.
Des lignes rouges ont été franchies
Pour justifier sa décision, Hervé de Lépinau a affirmé que des "lignes rouges ont été franchies" par le Planning familial, qui se serait ouvertement opposé aux valeurs du Rassemblement National. "Les critiques envers notre parti sont incessantes. Le Planning familial a choisi son camp", a insisté le maire.
La mairie de Carpentras, dans un souci de rigueur budgétaire face à une situation financière jugée calamiteuse, assure que cette décision est également motivée par des contraintes économiques. Le site officiel de la commune ne fait cependant pas mention spécifique de la suppression de cette subvention, mettant plutôt l'accent sur la nécessité de redresser la situation financière héritée de l’ancienne majorité.
Cette situation soulève des questions importantes sur l'accès à l'éducation sexuelle et la façon dont les nouvelles administrations locales mettent en application leurs valeurs politiques. Des experts appellent à une réflexion plus profonde sur les conséquences de telles décisions sur la santé publique et les droits des femmes.







