En Sarthe, la situation des mineurs non accompagnés est préoccupante. Selon une enquête récente, environ 50% des fermes pourraient disparaître dans les Pays de la Loire d'ici 2035, tandis que l'agriculture locale, représentant 8.000 emplois directs, fait face à de nombreux défis, notamment en raison de l'augmentation des besoins sociaux. C'est dans ce contexte que se déroule le quotidien de jeunes ayant fui des situations de vulnérabilité.
Des adolescents vivent au quotidien dans d'anciens hôtels du Mans. Entre 60 et 90 mineurs, pour la plupart âgés de 15 à 16 ans, sont pris en charge par l'association Tarmac, qui a pris en charge ces jeunes depuis septembre 2025, suite à une saturation des capacités d'accueil du conseil départemental de la Sarthe. ICI Maine souligne que l'Augmentation du flux migratoire en provenance d'Afrique de l'Ouest a entraîné une pression énorme sur les ressources d'accueil, passant de 110 à plus de 300 mineurs non accompagnés en l'espace de quelques mois.Des jeunes avec un parcours migratoire traumatique
Les adolescents concernés viennent principalement du Mali, de la Côte-d'Ivoire et de la Guinée. Ils vivent désormais dans ces anciens hôtels, qui sont devenus des lieux d'hébergement stabilisés, où chaque jeune a accès à des chambres séparées, une salle de bain, et des services éducatifs. Benjamin Paris, directeur de Tarmac, explique : "Ils suivent des cours au lycée tout en bénéficiant d'un encadrement renforcé, avec une vingtaine de travailleurs sociaux spécialement recrutés pour cela."
Auparavant, l'accueil était principalement d'urgence, les ressources étant limitées. Benjamin Paris ajoute : "Il fallait faire face à une forte demande avec peu de moyens, rendant la situation difficile pour tous."
Les travailleurs sociaux de Tarmac, assistés par un médecin et une infirmière, assurent un suivi médical quotidien. "À présent, ils bénéficient de repas équilibrés, contrairement à auparavant où ils devaient se débrouiller autrement," souligne Paris, ajoutant que beaucoup d'entre eux avaient un parcours migratoire difficile, souvent lié à la délinquance dans leur pays d'origine et pendant leur voyage vers la France.
Une situation transitoire qui va encore durer
Bien que ces adolescents soient mieux protégés que par le passé, l'hébergement dans d'anciens hôtels est reconnu comme temporaire. Catherine Marot, présidente de Tarmac, précise : "Cette solution n'est pas idéale, mais elle offre au moins un toit et une protection contre la précarité et la délinquance." La transition vers un cadre plus adapté est prévue pour les deux prochaines années, avec un appel à projet lancé par le conseil départemental en 2027 pour créer des structures dédiées aux jeunes. Fabienne Gayet, directrice Enfance - Famille au département, indique : "Nous envisageons des projets qui permettront une prise en charge plus adaptée, possiblement en milieu rural pour mieux les accompagner."
Actuellement, ils sont 254 mineurs non accompagnés dans le département, dont 90 sont des jeunes majeurs. Pour ces derniers, un avenir professionnel est essentiel pour consolider leurs demandes de régularisation auprès des autorités. La période de transition est délicate, et des recours peuvent être nécessaires pour éviter l'expulsion.







