Corinne et Arnaud, originaires de Mayenne, ont exploré la baie de Somme l'an dernier et ont récemment décidé de découvrir Amiens. C'est dans cette charmante ville que je les ai rencontrés. "Les premiers poèmes qui m’ont fait pleurer, c’était ceux de mon arrière-grand-mère," confie Pierre, artiste et animateur sur Radio Campus.
Entre psychologie, radio et amour des mots
Notre rencontre a eu lieu à la librairie Le Labyrinthe, nichée dans le quartier Saint-Leu. Pour Pierre, la littérature et la psychologie sont inextricablement liées. "Je pense que pour être un bon psychologue, il est essentiel d’aimer les romans," souligne-t-il. Parmi ses auteurs favoris, il mentionne souvent Ernest Hemingway, dont l'écriture empreinte de silence lui apporte une certaine sérénité.
Une histoire de famille et de poésie
Derrière la passion des mots de Pierre se cache une riche histoire familiale. Son arrière-grand-mère, Suzanne de Villers, a écrit toute sa vie, produisant poèmes, journaux intimes et récits. Née près d’Amiens, elle a ensuite déménagé à Paris avant de s'installer à Grasse. Ses écrits retracent la vie parisienne des années 20 et 30 ainsi que les réalités du débarquement.
Aujourd'hui, Pierre aspire à faire renaître cette œuvre poétique méconnue. "J’ai organisé ses poèmes et ses écrits intimes, et je m’efforce de les faire publier; je trouve qu’elle avait une plume remarquable," ajoute-t-il avec fierté.
« J’essaye de réparer ça »
Suzanne n'a jamais vu ses œuvres publiées, malgré un premier prix de poésie décerné par le magazine Marie-Claire, qui lui a valu un voyage en Algérie. L'absence de reconnaissance est significative. "Je suis convaincu que si elle avait été un homme, ses textes auraient été publiés à son époque," déclare Pierre avec un mélange d’émotion et de détermination. Aujourd'hui, il prend l'initiative de redonner à ces œuvres la place qu'elles méritent : "Oui, j’essaye de réparer ça," dit-il. Pour lui, ces écrits sont sacrés, un véritable héritage qu'il souhaite partager avec le monde.
Merci Pierre







