Quatre membres d'une brigade anti-criminalité se sont retrouvés devant la justice après avoir agressé des passants lors des quarts de finale de la Coupe du monde de football en 2022. Le tribunal correctionnel de Paris a décidé de les condamner, ce lundi, à des peines de prison avec sursis, s'étalant de trois à douze mois.
Les vidéos diffusées lors de l'audience montrent des scènes de festivités dans une rue proche des Champs-Élysées, où la tension était supposément présente. "En quoi la situation était tendue?", interroge la magistrate, mettant ainsi en lumière l'absence de justification face à une fête qui se déroulait dans une ambiance décontractée.
Des faits découverts par hasard
Les images témoignent également d'actes de violence inacceptables, comme des coups et des bousculades. Lors d'une altercation, un policier a fait tomber un supporter qui se tenait sur une voiture, le rouant ensuite de coups. Un témoin a dû intervenir pour secourir la victime. La magistrate a souligné l'indifférence des policiers face à un homme en danger, décrivant des scènes choquantes où "il peut crever dans son coin" sans aucune réaction de leur part. Ce comportement, déplorable, a été révélé lors d'une enquête distincte lancée par l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) après que ses agents aient pris connaissance des vidéos.
Les regrets et les excuses des policiers mis en cause
Face à la cour, les quatre policiers, âgés de 29 à 45 ans lors des faits, ont exprimé des regrets et même des excuses, même si certains avaient initialement contesté les accusations. L'un d'eux a décrit ses actions comme une "réaction démesurée" et un "agacement total". Un autre a reconnu avoir agi "un peu trop vivement", tandis qu'un troisième, responsable d'une agression physique avec usage de gaz lacrymogène, a plaidé le "ras-le-bol" face à des situations qu'il considérait anachroniques et provocatrices.
La procureure a demandé une interdiction de port d'arme pour le policier le plus violent, considérant ses actions comme "purement gratuites", mais le tribunal a refusé cette requête. Jusqu'à présent, aucun des agents n'a fait l'objet de sanctions administratives.







