À partir du 1er juillet 2026, le Crous de Vannes commencera un vaste projet de rénovation de sa résidence universitaire. Ce chantier, englobant 300 logements, est jugé nécessaire, mais il laisse de nombreux étudiants dans le flou. En effet, des dizaines de boursiers vont se retrouver sans studios ni chambres, provoquant une vive inquiétude.
"Je ne sais même pas si ça sert à quelque chose de me concentrer sur mes examens, puisque je n'ai à peine idée de mon futur logement", confie Emilie, une étudiante de 18 ans en première année de droit à l'UBS. Actuellement, elle loue un studio à un prix abordable de 360 euros par mois, grâce à l'aide au logement. "Avec seulement 165 euros à ma charge, c'est un loyer accessible, mais je crains de devoir quitter Vannes", ajoute-t-elle, soulignant les autres offres à 500 euros, bien au-delà de ses moyens.
De son côté, Hassim, également étudiant, devra faire face à une réduction de son espace de vie : "Je passe de 23 m² à 8 m². Il faut s’adapter, car il y a peu d’options", dit-il avec résignation.
150 euros supplémentaires pour des budgets déjà serrés
Les étudiants se trouvent confrontés à des loyers dans le parc privé qui explosent leurs finances. Emilie illustre bien ce problème : "Ma bourse est de 500 euros, mais je ne peux pas me permettre un loyer de 500 euros si je veux également manger ou me déplacer".
Thierry Huitel, directeur du Crous à Vannes, reconnaît l’urgence de la situation. "Nous sommes conscients des défis auxquels seront confrontés certains étudiants. C'est notre priorité de minimiser les impacts", explique-t-il. Toutefois, la rénovation, qui devrait aboutir à une amélioration du confort et de l'isolation des bâtiments, est depuis longtemps attendue par les gestionnaires. "Ces logements n'ont pas bénéficié de mises à jour significatives depuis 2001”, souligne-t-il.
Un projet de 11 millions d'euros
Le chantier, dont le coût s'élève à 11 millions d'euros, sera réalisé par phases. "Nous avons organisé les travaux pour maintenir une partie des logements disponibles pendant la rénovation", assure Thierry Huitel. Ainsi, 75 logements seront temporairement retirés du marché, laissant 75 disponibles pour les étudiants.
Ce besoin de moderniser ces bâtiments anciens est crucial. D’après une étude du Radio France, il devrait s'achever d'ici la rentrée 2028. En attendant, des étudiants risquent de perdre des conditions de vie convenables dans une ville universitaire où la demande en logement est croissante.







