Seize familles ont formulé une demande lundi pour élargir l'enquête ouverte à Paris concernant TikTok, accusant le réseau social de manipuler la vulnérabilité des mineurs en les rendant addicts à des "contenus morbides". Selon leurs avocats, cette addiction a pour but de prolonger le temps passé sur la plateforme.
La plainte, relayée par Franceinfo, dénonce les "prisons mentales" créées par "la machine TikTok", a indiqué l'avocate des familles, Laure Boutron-Marmion. Elle a partagé un témoignage alarmant d'un père dont la fille, actuellement hospitalisée, a révélé regarder des vidéos sur TikTok pour apprendre comment se suicider. "Cela traduit l'impact alarmant de cette plateforme sur les jeunes", s'est-elle désolée.
Selon l'avocate, TikTok utilise "un dosage de défilement infini et des recommandations ultra-personnalisées" qui piègent les adolescents dans une spirale de souffrance psychologique. Une procédure civile est déjà en cours à Créteil, tandis que les investigations pénales à Paris font suite à un signalement du député Arthur Delaporte. Une commission d'enquête avait précédemment souligné que TikTok propose un "océan de contenus néfastes", dont la violence sous diverses formes, selon sa rapporteure, Laure Miller (EPR).
Depuis l'automne 2025, le parquet de Paris enquête sur la propagande de méthodes d'automutilation. Les seize familles visent à enrichir ces investigations en mettant en avant le délit d'abus de faiblesse encore non exploré. "Les adolescents sont exposés à des contenus morbides, sans intention d'y accéder, et se trouvent confrontés à des incitations à la scarification et au suicide", a déclaré Maître Boutron-Marmion. Elle a ajouté : "Les parents se sentent démunis face à cette machine. Malgré leurs efforts pour encadrer leurs enfants, un temps de visionnage limité d'une heure par jour peut conduire à une détérioration rapide de la santé mentale. Au nom du profit, l'ensemble d'une génération est sacrifié, plongeant les adolescents dans un profond désarroi émotionnel."
TikTok a vigoureusement rejeté ces accusations, soutenant qu'elle est équipée d'outils de modération adaptés pour protéger les jeunes utilisateurs. Cependant, Maître Boutron-Marmion a critiqué cette position, affirmant que "TikTok fait semblant de s'engager" et que "les paramètres de fonctionnement n'ont pas changé". En date de lundi, la plateforme n'avait pas répondu aux demandes de l'AFP concernant ces allégations. Il convient de noter que la première plainte en Europe contre TikTok pour incitation au suicide date de septembre 2023.







