Que se passe-t-il dans la commune de Décines-Charpieu (Rhône) ? Affrontements, fusillades répétées, incendies... Le 24 avril, une mère de famille a été touchée par une balle perdue, provoquant une onde de choc dans ce quartier. Selon la police, la situation est aggravée par une guerre des territoires liée au trafic de stupéfiants. Les habitants, eux, sont à bout.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Des véhicules stationnés sont criblés de balles après une rafale de tirs de Kalachnikov. Il est environ 22 heures, vendredi 24 avril, quand au moins deux individus armés surgissent sur un parking de Décines-Charpieu et commencent à tirer. À ce moment-là, une femme rentre du cinéma avec ses enfants et se retrouve blessée à la cheville par une balle. Une voisine témoigne : "Quand les enfants ont couru, il y a eu une deuxième rafale très longue. La mère est arrivée en boitant. Elle s'est cachée derrière les buissons. Elle s'est relevée. Elle a recouru. Elle était tellement choquée qu'elle n'a pas remarqué qu'elle était blessée."
Gravement blessée, la victime a depuis pu quitter l'hôpital. Une voisine angoissée confie : "Imaginez si ça n'avait pas été elle, ça aurait été quelqu'un d'autre, ou moi, ou des gens qu'on connaît. C'est incroyable." La fusillade a été suivie par deux incendies considérés comme criminels dans les nuits de samedi et dimanche, qui ont nécessité l'évacuation de 48 personnes, mais sans provoquer de blessures.
"On a basculé du narcotrafic au narcoterrorisme"
Ce climat de violence s'explique principalement par la présence d'un point de deal à proximité et par la montée des conflits territoriaux dans la région lyonnaise. Alain Barberis, délégué syndical d'Alliance Police Nationale, alerte : "La deuxième plus grosse agglomération de France après Paris a basculé du narcotrafic au narcoterrorisme. C’est à celui qui fait le plus 'peur' à la concurrence et qui veut s’accaparer des territoires."
Dans ce contexte, la mairie de Décines a renforcé la vidéosurveillance et la présence policière au fil des ans. Cependant, Laurence Fautra, la maire, appelle à l'aide de l'État, déclarant : "Actuellement, il manque des moyens, des équipages, des effectifs pour montrer qu'ici, on est en France, dans une République où des règles doivent s'appliquer."
Dimanche, des CRS ont été envoyés en renfort, mais le quartier a encore été secoué par un incendie volontaire dans la nuit du lundi 27 avril. Une nouvelle opération d’intimidation qui laisse les habitants dans une peur grandissante.







