Le week-end du 1er mai sera crucial pour la Gare de Lyon, qui verrait son trafic complètement interrompu pour permettre la modernisation de deux postes d'aiguillage. Cette opération, planifiée depuis quatre ans, mobilisera 500 agents, organisés en équipes qui travailleront 24 heures sur 24. Un véritable reportage dans les coulisses de ce chantier remarquable.
Dans un vaste hangar adjacent aux voies ferrées, une centaine d'agents en gilets orange prennent part à un briefing de grande envergure. Ces professionnels, venus des quatre coins de la France, sont réunis pour réaliser une opération complexe et rapide : le déplacement, sur trois jours, de deux postes d'aiguillage historiques.
Le premier poste, situé à Créteil (Val-de-Marne), supervise les trajets des TGV sur la ligne Paris-Lyon-Marseille, tandis que l'autre est chargé de réguler les trains du RER D. L'ensemble de ce processus a pour but de transférer ces centres de contrôle vers une nouvelle installation unique à Vigneux-sur-Seine, en Essonne. Ce projet ambitieux, évalué à 200 millions d'euros, est financé par SNCF Réseau, l'État et la région Île-de-France.
Cette transition entraînera l'arrêt total de la circulation ferroviaire pendant le week-end. La ligne D du RER, ainsi que le Transilien ligne R, seront partiellement affectés. En revanche, la SNCF annonce que 60% de ses TGV continueront de circuler, avec des départs reprogrammés depuis d'autres gares franciliennes.
Passer du "Minitel à l'iPhone"
Séverine Lepère, directrice de SNCF Réseau Île-de-France, qualifie cette opération de historique. "Nous sommes à la croisée des chemins. C'est comme passer du Minitel à l'iPhone Pro", explique-t-elle, illustrant le bond technologique que représente cette transformation. Les changements se matérialiseront rapidement, grâce à un nouveau système d’aiguillage entièrement informatisé qui remplacera les anciennes méthodes manuelles.
Alexandre Homo, responsable du nouveau poste d’aiguillage, indique que dans le futur, "les itinéraires se traceront automatiquement, ce qui permettra une reprise plus rapide du trafic en cas d'incident".
Quelques millimètres
Ce défi ne se limite pas au déménagement physique des postes. Actuellement, les agents doivent connecter 15 000 câbles, un travail méticuleux où chaque fil de quelques millimètres doit être soigneusement inséré dans un boîtier. Amandine Granier, directrice adjointe des opérations, souligne l'importance de cette étape : "Chaque câblage est crucial pour la future interconnexion". Cette modernisation vise également à améliorer la ponctualité des trains, tout en préparant le terrain pour l'automatisation du tunnel commun entre les stations Châtelet-les-Halles et Gare du Nord d'ici 2031, une initiative qui permettra d'augmenter le trafic de 28 à 32 trains par heure.







