Des révélations troublantes sur l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police

Des dysfonctionnements alertent sur le traitement des patients à Paris.
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Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a récemment publié un rapport alarmant dans le Journal officiel, soulevant des questions sérieuses sur l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (I3P). Cette autorité indépendante a noté des « dysfonctionnements majeurs » lors d’une visite effectuée en mars, prônant qu’ils portent atteinte à la dignité des patients.

Le rapport du CGLPL souligne que le statut particulier de cette structure, rattachée au ministère de l’Intérieur, la place en dehors des contrôles sanitaires habituels. Les conclusions indiquent qu’« aucune autorité sanitaire ou juridictionnelle n’exerce de contrôle régulier sur son fonctionnement », un problème déjà évoqué en 2009. Cependant, la préfecture de police défend son côté en citant une convention avec l’AP-HP et un comité dédié à la supervision du respect des normes médicales.

Une privation de liberté inquiétante

Le CGLPL a également tiré la sonnette d'alarme concernant les conditions dans lesquelles sont pris en charge les patients soumis à des soins sans consentement. Le rapport affirme qu’ils sont souvent « arbitrairement privés de liberté », en soulignant l'absence de notification des certificats médicaux et l’impossibilité d’un recours effectif. L’accès à un avocat semble également problématique, ce à quoi la préfecture conteste, affirmant que les patients sont informés de leurs droits dès leur admission.

Les conditions matérielles de l’infirmerie sont qualifiées d’« indignes ». Le rapport parle de privations et d'une présence excessive de forces de l'ordre pendant les soins, portant gravement atteinte au secret médical. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le CGLPL évoque un isolement « systématique » et des mesures de contention discutables, comparées à des pratiques réservées aux animaux. La préfecture de police a déclaré que le personnel de surveillance « reste en retrait » pour la sécurité des patients. Un nouveau contrôle est prévu pour juin 2026, dans l’espoir d'améliorer les pratiques et de respecter le cadre légal.

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