Quand le consentement éveille les consciences dans les écoles parisiennes

Découvrez comment un spectacle contribue à sensibiliser les enfants au consentement.
Quand le consentement éveille les consciences dans les écoles parisiennes

"Pas touche minouche, c'est mon intimité!" : assis sur des bancs et des tapis, une quarantaine d'enfants d'école maternelle à Paris observent attentivement une oursonne en peluche qui réprimande un caneton. Ce dernier a porté son aile sous sa jupe, provoquant la réaction immédiate de l'autrice, Lucie Langlais Vignon.

La scénette, d'une durée d'une demi-heure, s'inscrit dans un contexte préoccupant. En effet, le périscolaire parisien est en proie à des révélations troublantes concernant des cas de violences sexuelles ciblant des enfants.

Récemment, 31 agents ont été suspendus dans la capitale en raison de suspicions de telles violences au sein des établissements scolaires. Face à cette situation alarmante, Emmanuel Grégoire, le nouveau maire socialiste, a présenté un plan ambitieux de 20 millions d'euros, prévoyant une meilleure chaîne de signalement et un engagement considérable en faveur de la formation.

Pour Lucie Langlais Vignon, la sensibilisation au consentement doit commencer dès le plus jeune âge. "Le savoir, c'est le pouvoir", souligne-t-elle dans une interview avec l'AFP. "Un enfant informé de ses droits est moins exposé aux dangers que celui qui l'ignore."

Dans sa pièce, qu'elle présente depuis fin 2023, elle met en scène des peluches qui révèlent ce qu'elle appelle leur "super-pouvoir de dire non". Elle incite ainsi le jeune public à s'approprier ce message fort. L'intrigue pose des questions comme : "L'oncle du lionceau peut-il lui demander de garder un secret qui le rend triste ?" la réponse, donnée en chœur par les enfants, est sans équivoque : "Interdit!".

- "Les messages passent" -

Depuis plus de vingt ans, diverses associations soutiennent des initiatives de sensibilisation sur le respect du corps et la lutte contre les violences sexuelles dans les écoles. Cependant, malgré leur caractère obligatoire, les séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) peinent à être mises en œuvre efficacement.

En décembre 2025, l'État a notamment été condamné pour avoir tardé à organiser ces séances, qui rencontrent une résistance au sein de la droite et de milieux conservateurs. Des organisations comme Sidaction, le Planning familial et SOS Homophobie, entendues au Sénat, ont exprimé leurs préoccupations concernant des ressources insuffisantes pour la mise en œuvre de ces programmes.

En attendant, Lucie Langlais Vignon se réjouit des retours positifs sur sa démarche. Elle évoque le cas d'une amie qui, après avoir accompagné son fils de trois ans chez un nouveau médecin, a été émue d'entendre son enfant s'opposer à un examen de manière assertive : "Eh! Pas touche minouche, c’est mon intimité !". Un témoignage qui l'a profondément ravie.

David Belliard, maire écologiste du 11e arrondissement d'une ville récemment touchée par des accusations de violences sexuelles, partage ce sentiment. "Des parents m'ont parlé de ce spectacle, indiquant qu'il avait eu un effet très positif", a-t-il déclaré à l'AFP. "Les enfants trouvent cela amusant d'évoquer des sujets tels que les parties intimes, mais ils absorbent ces messages importants."

Selon la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles (Ciivise), trois enfants par classe seraient victimes d'inceste chaque année en France, et environ 5,5 millions de Français témoignent avoir subi des violences sexuelles durant leur enfance. Ainsi, près de 160.000 enfants par an sont concernés par ces tragédies.

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