Lors d'un échange avec des lycéens à Chypre, Emmanuel Macron a déclaré, "Je n'ai pas fait de politique avant et je n'en ferai pas après", signe d'une volonté d'éloignement du monde politique alors qu'il se prépare aux élections présidentielles de 2027.
La campagne actuelle a déjà commencé avec des figures comme Jordan Bardella et Gabriel Attal qui s'emparent des médias pour dévoiler leur quotidien. Selon Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, "c'est le bon moment pour le président d’annoncer son retrait. Avec un récit alternatif, il espère atténuer les spéculations sur son futur."
Macron a également partagé que le plus difficile après près de neuf ans au pouvoir était de rattacher son bilan tout en reconnaissant ses échecs. Dans son camp, les successeurs potentiels s'activent, chacun cherchant à prendre ses distances d'un président dont la popularité est en chute libre.
Il espère qu'une fois hors du jeu politique, un lien plus authentique avec le peuple se recréera, à l’instar de Jacques Chirac. Un proche confie : "Un changement de regard s’opérera quand il ne sera plus perçu comme un personnage politique."
Alors que Macron continue de porter sa vision à l'international, notamment face à la gestion tumultueuse de Donald Trump et ses ambitions, il s'efforce de façonner son héritage. Sa posture lors du dernier forum de Davos a été particulièrement remarquée. Philippe Moreau-Chevrolet précise : "Il a trouvé sa voix sur la scène internationale, défendant les démocraties européennes avec un style gaullien." Cependant, l'image du président avec des lunettes de soleil, répétant "For sure", a fait sensation sur les réseaux sociaux.
Malgré ses annonces, les avis divergent sur son futur. Certains spéculent déjà sur son intérêt pour des postes au sein du FMI ou de la Commission européenne. D'autres, au sein de son entourage, évoquent un potentiel retour lors de la présidentielle de 2032. "Il ne se déconnecte pas totalement de ses passions", commente une ministre, évoquant ses intérêts pour l'industrialisation, l'intelligence artificielle et la défense.
De plus, il devrait laisser la voie libre à un candidat de son camp, tout en veillant à ce que son héritage soit respecté. "Attention, il y a mon héritage et vous allez le porter", a prévenu un membre du gouvernement. Le président doit éviter l'impression d'un retour par procuration, tout en restant vigilant face à la montée du Rassemblement national.







