Des graves manquements à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris

Un rapport dénonce des conditions indignes pour les patients de l'infirmerie psychiatrique.
Des graves manquements à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris
Image d’une chambre de l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (IPPP). PHILIPPE LOPEZ / AFP

Le dernier rapport de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), publié ce 24 avril, soulève de sérieuses inquiétudes concernant l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (IPPP). Selon ce document, les pratiques au sein de cette structure, qui combine soins médicaux et sécurité, sont jugées attentatoires à la dignité humaine.

Le CGLPL met en lumière des «dysfonctionnements majeurs» qui compromettent l’intégrité des patients, signalant qu’un nombre significatif d’entre eux sont maintenus dans cet établissement sans un contrôle adéquat. Ces constats, déjà formulés lors de visites précédentes, notamment en 2009, soulignent l'absence de supervision par des autorités sanitaires ou judiciaires. Les conditions de détention sont si préoccupantes que le rapport précise : «Aucune autorité compétente n'exerce de contrôle régulier sur son fonctionnement».

Les rapports d'experts, tels que ceux de France Info et du Monde, corroborent ces allégations. Ils mettent en avant le fait que certains patients subissent des privations de liberté arbitraires, notamment en ce qui concerne l'accès à l'information sur leurs droits. Des certificats médicaux et des voies de recours, pourtant prévus par la loi, ne sont jamais notifiés aux personnes concernées, entravant ainsi leur droit à un recours effectif.

Quatorze places sont disponibles pour accueillir douze patients, mais les conditions de vie sont jugées indignes. Les procédures appliquées manquent de flexibilité, sans prendre en compte les caractéristiques individuelles des patients, ce qui a conduit à des cas où des individus se retrouvaient dépouillés de leurs effets personnels essentiels, tel que les sous-vêtements.

Le CGLPL insiste sur l'importance du respect de la dignité et de l'intimité des patients, rappelant que la présence de surveillants policiers lors des soins peut gravement compromettre le secret médical. Un expert en droits humains, interrogé par Le Figaro, a affirmé que «la présence de la police au sein des soins reste hautement problématique et s’oppose à tout processus de guérison».

En outre, des pratiques telles que l'isolement systématique et des mesures de contention jugées illégales sont courantes. Ces méthodes, parfois comparées à des traitements réservés aux animaux, suscitent un véritable tollé au sein de la communauté médicale et juridique. En 2025, l'IPPP a reçu 1456 admissions, souvent de personnes arrêtées en garde à vue, pour évaluer leur nécessité d'hospitalisation en psychiatrie.

Les résultats de ce rapport ne peuvent qu'interpeller les autorités compétentes, qui doivent agir rapidement pour mettre un terme à ces pratiques indignes. L'importance d'un contrôle accru de cette structure est plus que jamais urgente, comme l’affirme la CGLPL : «Les conditions d'accueil doivent garantir le respect de la dignité des patients et leur intimité».

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