Une centaine de familles parisiennes mal-logées ou sans logement ont décidé de camper devant l'Hôtel de Ville de Paris, accompagnées par l'association Droit au logement (DAL). Elles se relaient sur place dans l'espoir d'obtenir des logements décents, a observé l'AFP.
« Y en a marre des souris dans les placards, y en a marre des cafards dans les plumards, des logements vacants et des loyers exorbitants », ont scandé les manifestants sur la place de l'Hôtel de Ville.
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL, a précisé que les personnes rassemblées ont souvent formulé une demande de logement social et sont reconnues comme prioritaires au titre du Dalo (droit au logement opposable), mais se trouvent toujours sans solution. "Ces familles comprennent des parents de plusieurs enfants qui travaillent mais n'arrivent pas à trouver un foyer adapté", a-t-il déclaré.
Une mobilisation durable
Parmi les manifestants, certaines personnes font partie des demandeurs considérés comme prioritaires, en raison de leur situation précaire. Une quinzaine de tentes ont été montées depuis mardi, mais Eyraud a affirmé que d'autres suivront, soulignant une volonté de mener une action « au long cours ».
Salah, un Algérien de 74 ans, a récemment obtenu son statut Dalo et partage une tente avec sa fille de 18 ans. Malika, une chauffeuse VTC, vit quant à elle dans un espace restreint de 32 m² avec ses trois enfants et attend un logement social depuis plus de 15 ans.
Louisa, 76 ans et allocataire du minimum vieillesse, a révélé qu'elle paye 445 euros par mois pour une chambre de 23 m² dans une pension familiale depuis 2015. Bien qu'elle ait été reconnue comme ayant besoin d'un relogement d'urgence par le tribunal administratif, aucune proposition ne lui a été faite jusqu'à présent. "J'ai écrit plusieurs fois à la mairie et au préfet, mais sans réponse", a-t-elle partagé, indiquant maintenant que l'affaire est en cours devant le tribunal administratif.
Un an après avoir introduit deux recours contre l'État concernant le non-respect de ses obligations en matière de logement, le Collectif des associations pour le Logement (CAL) a révélé en février que l'État manquait à ses obligations en matière de résultats.







