Le tribunal de Paris a rendu, ce lundi 13 avril 2026, un verdict historique contre le cimentier français Lafarge, ainsi que huit de ses anciens dirigeants, déclarant tous coupables de financement de terrorisme. Parmi eux, l'ancien PDG Bruno Lafont écope de six ans d'incarcération immédiate.
En pleine guerre en Syrie, Lafarge aurait transféré environ 5,6 millions d'euros à diverses organisations djihadistes, y compris l'État islamique (EI), afin de maintenir l'exploitation de son usine de Jalabiya, située dans la province d'Alep. Cette affaire a été largement couverte par Le Parisien.
Des sommes utilisées pour financer des actes terroristes
Durant le procès qui a débuté en octobre 2024, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a confirmé que les fonds versés avaient contribué à financer des attaques à la fois sur le territoire syrien et potentiellement en Europe. Isabelle Prévost-Desprez, présidente du tribunal, a rappelé cette implication lors du procès de décembre 2025, comme l’a rapporté Le Monde.
Le choix entre deux mauvaises solutions
La défense a tenté de justifier ces actes en arguant de la nécessité de protéger les travailleurs, un discours étayé par Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge, qui a affirmé : "Nous avons fait face à deux choix difficiles : la pire des solutions et celle qui semblait la moins mauvaise." Cette déclaration soulève des questions éthiques sur les décisions prises par les dirigeants de l'entreprise en temps de crise.
Six ans de prison ferme pour l’ex-PDG
Au cours du procès, le parquet avait demandé une amende de 1,125 million d'euros—le maximum légal—et jusqu'à huit ans d'emprisonnement pour les accusés. Finalement, le tribunal a prononcé des peines allant de 18 mois à sept ans de prison pour sept des anciens responsables, avec la sentence la plus sévère pour Bruno Lafont, qui devra purger sa peine dès ce soir.







