Des centaines de manifestants se sont rassemblés dimanche après-midi à Paris pour s'opposer à la proposition de loi Yadan, un texte qui vise à lutter contre les formes d'antisémitisme, mais qui est perçu par certains comme une menace pour la liberté d'expression.
Cette action s'inscrit dans une mobilisation plus large en faveur de la Palestine, avec un cortège arborant des drapeaux palestiniens, libanais et iraniens. À l'avant du défilé, une banderole proclamait : "Des sanctions contre Israël ! Pas contre nous !".
Nicolas Shahshahani, membre de l’association EuroPalestine, a déclaré à l'AFP : "Ce texte est liberticide. Il fait partie d'un arsenal destiné à empêcher la critique d'Israël, ce qui pourrait faire taire le mouvement de solidarité avec la Palestine". En effet, cette loi favoriserait selon lui la répression des voix dissidentes.
Proposée par Caroline Yadan (Renaissance), députée des Français de l'étranger, la loi vise à durcir les sanctions pour provocation et apologie du terrorisme, interdisant notamment de présenter ces actes comme de la résistance. Alors qu'elle doit être examinée par l'Assemblée nationale les 16 et 17 avril, des réserves ont été émises par le Modem et la gauche s'oppose majoritairement au projet. Une pétition contre la loi a déjà recueilli plus de 660 000 signatures.
Roxana, 47 ans, participait à la manifestation et a déclaré : "Cela devient de plus en plus difficile de protester contre les actions israéliennes. Cette loi va renforcer la censure et restreindre la liberté d'expression". Pour Jared, un jeune militant de 27 ans, "le sionisme et la judéité sont deux choses distinctes. Cette loi vise à créer une confusion entre antisionisme et antisémitisme".
En réponse à une montée des actes antisémites, notamment après l'attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas, la loi Yadan introduirait un nouveau délit, condamnant les appels à la destruction d'un État avec des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.







