Suite au lynchage tragique de Quentin Deranque lors d'une action du collectif Nemesis, la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Nadège Abomangoli, a ouvert un vif débat en désignant les militantes du collectif comme responsables du drame. Elle les accuse d'avoir « embrigadé » le jeune homme dans un contexte de tension, alors que deux des personnes mises en examen dans l’affaire sont des assistants parlementaires d'un député insoumis.
Pour rappeler les faits, Quentin Deranque est décédé après avoir été agressé par des individus masqués alors qu'il participait à une action de sécurité pour le collectif féministe identitaire, proche de l'événement organisé par Rima Hassan à Sciences Po Lyon, en mi-février. Dans ce cadre, Abomangoli n'a pas hésité à pointer du doigt les militantes, déclamant : « Elles sont responsables de la mort de Quentin, car elles instrumentalisent et embrigadent des jeunes pour aller se battre », a-t-elle déclaré dans une interview accordée au journal L'Humanité.
Elle a aussi critiqué l’émergence de mouvements comme La Jeune Garde, affirmant qu'ils sont alimentés par l’atmosphère actuelle. Ce groupe, selon Abomangoli, propose une forme de solidarité à travers l’autodéfense populaire. Cependant, des informations recueillies par le journal Le JDD font état d’une série d’agressions imputées à ce mouvement, notamment une attaque contre un adolescent juif en mai 2024.
Cette tendance à déclamer la responsabilité des militants de gauche dans des incidents violents remet en question la nature réelle de ces mouvements. Pour les experts, y compris le sociologue Pierre Martin, « la violence est souvent instrumentalisée dans les discours politiques, et il est essentiel d’en analyser le contexte ».
Un autre aspect préoccupant est la récente réouverture d'une enquête par les autorités à la suite d'un signalement du ministère de l’Intérieur, qui craint un retour aux activités du mouvement antifa, dissous l'an dernier pour « comportements violents ». Même si une requête visant à lever cette dissolution est en cours, la tension reste palpable dans le débat public.
Alors que la politique française s'engage sur une pente glissante, ces déclarations de Nadège Abomangoli ne manquent pas de susciter des réactions, tant auprès des associations de défense des droits humains que des politiciens. Chacun attend désormais l'évolution de cette affaire, qui symbolise les fractures de la société actuelle.







