Marine Le Pen devra patienter jusqu'au 7 juillet 2026 pour connaître le jugement de la Cour d'appel concernant l'affaire des assistants parlementaires. Un délai de cinq mois qui, bien que jugé long, est essentiel pour permettre aux magistrats de justifier chaque aspect de leur décision, laquelle pourrait avoir des répercussions significatives sur l'avenir du Rassemblement National (RN).
« Plus c’était tôt, mieux je me portais », a réagi Marine Le Pen après que la Cour d'appel de Paris a annoncé la nécessité d'un délai pour trancher ce dossier complexe. Elle, ainsi que dix co-prévenus, se trouve dans l'attente d'une issue qui pourrait façonner non seulement son parcours politique, mais aussi celui de son parti.
Margaux Castex, avocate en droit pénal, tempère les inquiétudes, expliquant que « ce délai de cinq mois est courant pour une affaire de cette envergure ». Elle précise que lorsqu'un dossier demande une étude approfondie, le temps accordé est justifié. En effet, les magistrats doivent délibérer sur la culpabilité et l’innocence de chaque accusé, les chefs d’accusation évoquant l’utilisation de fonds européens pour rémunérer des assistants qui auraient exclusivement servi le parti, et non l’institution législative.
Une analyse minutieuse et rigoureuse
Une fois la décision prise, un long processus de formalisation s’enclenche. Les juges doivent « motiver leur décision point par point », souligne Margaux Castex, en précisant que ce processus est d’autant plus complexe avec le nombre élevé de prévenus. « Chaque argument présenté lors de l’audience et chaque témoignage pris en compte nécessitent une attention particulière », ajoute-t-elle. Cette minutie est essentielle, surtout dans une affaire aussi sensible, pour garantir la rigueur nécessaire
Derrière cette échéance judiciaire, se dresse un calendrier politique crucial. La première instance a vu Marine Le Pen condamnée à cinq ans d'inéligibilité, infligeant une pression considérable sur ses futures aspirations. Le parquet a en effet requis une nouvelle sentence de cinq ans d’inéligibilité, accompagnée de quatre ans de prison, dont un ferme, ainsi qu'une amende de 100 000 euros. La Cour d’appel a même avancé son calendrier pour que le verdict soit rendu cet été. Si un pourvoi est exercé, la Cour de cassation s'engagera à se prononcer début 2027.
Pour Marine Le Pen, le verdict est directement lié à ses ambitions pour sa quatrième candidature à l'Élysée. Elle a d'ores et déjà annoncé qu'elle prendrait sa décision immédiatement après le jugement de juillet, sans attendre la possibilité d'un recours en cassation.







