Ce mercredi 14 janvier, les députés français sont réunis pour débattre de deux motions de censure, l'une initiée par La France Insoumise (LFI) et l'autre par le Rassemblement National (RN), visant à dénoncer l'accord de libre-échange que l'Union Européenne envisage de signer avec les pays du Mercosur.
Malgré une opposition quasi unanime face à cet accord, il semble que ces motions de censure n’aient guère de chances d’aboutir. Ni le Parti Socialiste (PS) ni Les Républicains (LR) ne semblent porter un intérêt à soutenir ces démarches. Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, a déclaré qu'il serait « absurde » de censurer le gouvernement à un moment où le président de la République, Emmanuel Macron, a lui-même exprimé son refus de ratifier le traité.
Pour les agriculteurs français, ce sujet est d'une importance cruciale. Selon Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, le monde agricole nécessite des garanties budgétaires face à un accord qu’il juge potentiellement désavantageux. En réponse à ces inquiétudes, le ministre de l'Agriculture Sébastien Lecornu a récemment annoncé une « loi d'urgence agricole » pour mars prochain, afin de répondre aux défis ressentis dans le secteur.
La mobilisation des agriculteurs, visible à Paris avec des manifestations en tracteur, a mis en lumière la colère croissante contre ce traité. « Une délégation a été reçue par la ministre de l'Agriculture, qui a écouté nos inquiétudes », a déclaré Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA. Ces mobilisations, qui font écho à la volonté de défendre les intérêts des producteurs locaux, soulèvent un climat tendu au sein de l’Assemblée.
Les tensions alimentent le débat
La colère se cristallise également autour de la position du gouvernement. LFI a critiqué le président pour ce qu'ils perçoivent comme une capitulation face à la Commission européenne, tandis que le RN dénonce l'inertie du gouvernement face aux enjeux de négociation. « Il n'est pas acceptable que la France, deuxième contributeur net au budget de l'UE, accepte un accord aussi défavorable », affirment les députés du RN.
Le groupe GDR, représentant les communistes et les ultramarins, a annoncé son soutien à la motion de censure de LFI, affirmant que la position du président manquait de clarté. Les écologistes, quant à eux, dénoncent un « refus de façade » et pressent la France de porter cette question devant la Cour de justice de l'Union européenne pour contester l'application provisoire du traité.
Ces débats autour de l'accord Mercosur révèlent ainsi des fractures politiques et sociales profondes, dépassant la simple question économique pour englober des enjeux de souveraineté et d'identité nationale. Les discussions de ce mercredi pourraient bien être le reflet d'un malaise plus large face aux accords de libre-échange, qui, selon certains experts, méritent un examen plus attentif des conséquences sur l'agriculture française et ses traditions.







