L'association de défense de la langue française, Francophonie Avenir, a décidé de porter son combat pour la langue devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) après un refus du Conseil d'État. Ce dernier a validé l’emploi de l’écriture inclusive sur deux plaques commémoratives installées à l’hôtel de ville de Paris. Malgré les objections marquées de l'Académie française, le Conseil d'État a tranché, confirmant l'utilisation de points médians dans les inscriptions telles que « les président.e.s du Conseil de Paris » et « les conseiller.e.s de Paris ayant accompli plus de vingt-cinq ans de mandat ».
Depuis décision, Daniel de Poli, membre de Francophonie Avenir, a qualifié le rejet de leur pourvoi d'« incompréhensible », affirmant que cela suscite beaucoup de déception parmi les Français soucieux de la préservation de la langue. Dans un mail adressé aux médias, il a souligné l'importance de cette action, précisant qu'elle pourrait suspendre tous les jugements antérieurs relatifs à cette question.
Les plaques, modifiées en 2021 sans annonce officielle de la mairie, avaient suscité un vif débat. L'association, estimant que l'écriture inclusive était une aberration linguistique, avait saisi la justice. En avril 2025, une déclaration du conseil municipal avait pourtant affirmé que cette pratique était conforme à la langue française, une position renforcée par une décision de la Cour administrative d'appel.
Ce dimanche, l'Académie française a exprimé son inquiétude face à cette décision, en affirmant qu'elle portait atteinte à l'héritage patrimonial de la langue. Pour la première fois, la plus haute juridiction administrative a reconnu que l'écriture inclusive fait désormais partie intégrante de notre langue, une avancée qui a été accueillie avec scepticisme par de nombreux linguistes et défenseurs de la langue française. Selon le linguiste Bernard Cerquiglini, l'écriture inclusive pourrait créer des confusions et fragiliser la clarté du français dans des contextes formels.
Dans un climat déjà tendu quant à la préservation de la langue française, cette affaire pourrait engendrer de nouveaux débats dans la sphère publique, notamment sur la façon dont la langue évolue et se transforme dans notre société moderne. Le soutien ou l'hostilité envers l’écriture inclusive pourrait désormais se jouer sur le terrain européen, une nouvelle étape dans la bataille linguistique.







