Considérée comme l’un des pays les plus inaccessibles à l’échelle mondiale, la Corée du Nord se ferme aux journalistes et aux touristes, sauf pour quelques privilégiés. Le régime nord-coréen a orchestré une étrange alliance entre sa vision communiste et un fonctionnement dynastique digne des monarchies absolues. Ce "royaume ermite" abrite près de 26 millions d’âmes, mais quelle est leur réalité ? Que ressentent-elles ? Comment vivent-elles l’amour ? La série de témoignages de ceux qui ont fui ce régime draconien offre une rare intimité avec cette société déconcertante. En comparant leur passé nord-coréen avec leur nouveau quotidien dans l’"enfer capitaliste" de la Corée du Sud, ces récits révèlent aussi les failles de notre monde occidental.

(1/6) Qu’est-ce que tu fais pour les vacances ?

Jin, qui a fui le pays en 2014, se rappelle de ses vacances, loin d'être des temps de joie. En effet, celles-ci se rapprochent d’un prolongement des obligations scolaires, mêlant élevage de lapins, surveillance d'écoles, cours clandestins d'accordéon et même un trafic d'excréments… Une expérience que peu de jeunes nord-coréens seraient pressés de revivre.

(2/6) Qu’y a-t-il dans le journal aujourd’hui ?

Dans un pays où “les frontières du savoir, du langage et des médias sont définies par l’État”, le Rodong Sinmun, quotidien du régime, est perçu non comme une source d’information mais comme “un instrument d'instruction idéologique”, comme le souligne Seonghyeon, qui a fait défection en 2019. Face à la presse sud-coréenne, il a d'abord été choqué par les publicités commerciales, qu’il considérait comme le symbole d’une société en décomposition.

(3/6) Quel (beau) temps fera-t-il demain ?

Les prévisions météo à Pyongyang semblent toujours optimistes, n’annonçant jamais autre chose que des jours ensoleillés. Cette absurdité pourrait pourtant avoir des conséquences dramatiques pour les 26 millions d’habitants.

(4/6) Comment s’est passée ta journée de boulot ?

Jin Ju-dong, un ouvrier nord-coréen qui a réussi à échapper à son pays pendant la pandémie, partage son quotidien, marqué par des trajets interminables, des supérieurs autoritaires et des conditions de travail dangereuses.

(5/6) C’est le week-end, qu’est-ce qu’on fait ?

Une sortie en bord de mer ou un film au cinéma ? Pas du tout ! Le samedi en Corée du Nord est consacré à la pratique de l’autocritique. Rose, partie en 2019, se remémore ces heures passées à recopier les discours des dirigeants, une tâche permettant de mettre en lumière les différences culturelles entre les deux Corées. Au nord, l’effort est souvent simulé, alors qu’au sud, la pression pour la productivité peut conduire à l'anxiété et à l'insomnie.

(6/6) De quoi rêve-t-on quand on a fui la Corée du Nord ?

Lena, qui a traversé le fleuve Tumen en 2019, raconte son parcours vers la liberté, et les sentiments qui l'assaillent encore aujourd'hui. “Je suis suivie par un agent de sécurité. Ma recherche de refuge est un véritable cauchemar. Pendant un instant, je me réveille, soulagée de réaliser que c'est un rêve. Mais six ans après ma fuite, la Corée du Nord hante toujours mes pensées.”