Lors d'un rassemblement à Versailles, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, a exprimé que le futur président de la République doit impérativement "rendre le pouvoir aux Français". "Ce n'est pas parce qu'on n'est pas candidat que l'on doit se taire", a-t-il lancé devant quelque 700 participants à la "Fête de la démocratie".
Barrot a souligné un danger sérieux : la présidentielle pourrait être "confisquée" par des mouvements tels que le Rassemblement national et La France insoumise, qu'il considère comme "deux poisons" pour la démocratie. Selon lui, ces partis cherchent des "boucs émissaires", le RN pointant du doigt "l'étranger, le musulman" et LFI se focalisant sur "le riche, le juif, le journaliste".
En discussion avec le MoDem aux côtés d'Emmanuel Macron depuis 2017, Barrot a aussi évoqué une "fatigue démocratique" causée par des décennies de mépris des élites face aux bouleversements globaux, notamment la colère des classes moyennes et populaires. Pour lui, le président de 2027 devra être convaincant en se mettant au service des citoyens.
Parmi les priorités qu'il a citées figurent la décentralisation des pouvoirs, l'instauration d'une retraite par points dans le cadre d'un "contrat social entre générations", ainsi qu'un "pacte civique" promouvant un service civique obligatoire et un contrôle strict des réseaux sociaux.
Il a également précisé que dans ses 100 premiers jours, le président devra soumettre ces idées aux Français par référendum. "Le choix du Premier ministre, également crucial, sera déterminant pour construire une coalition efficace", a-t-il ajouté, soulignant l'importance d'une approche collaborative.
Francis Bayrou, ancien Premier ministre, a partagé son inquiétude quant à l'endettement croissant de la France, insistant sur le rôle actif des citoyens pour orienter les politiques à adopter. "Les dirigeants suivent l'opinion publique", a-t-il afirmé.
Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, a insisté sur l'urgence de renforcer la démocratie avec un Parlement mieux armé et plus d'interactions avec les élus locaux. D'autres intervenants, comme Laurence Parisot, Philippe Aghion, Gaspard Koenig et Zahia Ziouani, ont également partagé leurs réflexions sur l'état actuel de la démocratie et ses défis futurs.







