Patrick Pouyanné, le PDG de Totalenergies, a été interpellé ce mercredi lors de son audition par la commission des finances. Il a confirmé que sa société appliquait la baisse des prix du pétrole dans ses stations, mais a averti que les consommateurs devraient s'attendre à un délai avant de voir cela se traduire à la pompe.
« Bien que le prix du pétrole ait chuté suite aux récentes annonces concernant l'accord USA/Iran, les marges de raffinage, elles, restent à un niveau élevé », a déclaré Pouyanné face aux questions de l'élu Éric Coquerel. Selon lui, les marges ont presque triplé à 13 dollars par baril, comparé à une moyenne de 5 à 6 dollars lors des années précédentes. Cette situation a permis à la compagnie de réaliser des bénéfices conséquents dans l'Hexagone, provoquant des débats autour de sa fiscalité.
« Pour la France, nous estimons un bénéfice d'environ 500 millions d'euros pour le premier trimestre », a-t-il annoncé, en parallèle d'un bénéfice global de 5,8 milliards d'euros au cours de la même période.
Pouyanné a noté qu'il est atypique de voir les marges augmenter alors que les prix du brut s'élèvent. Des facteurs externes, tels que des incidents en Iran, ont restreint l'offre sur le marché. Il a déclaré que la réhabilitation des installations touchées pourrait prendre jusqu'à un an.
Une situation encore fragile
Le PDG a aussi insisté sur le fait que son entreprise répercutait la baisse des prix au quotidien. Il a précisé que le coût d'approvisionnement pour le diesel était passé de 1,94 euro début juin à 1,85 euro actuellement, entraînant une baisse du prix à la pompe de 2,09 euro à 1,94 euro.
Cependant, il a ajouté : « Avec un coût d'approvisionnement de 1,85 euro, nous ne pouvons pas garantir que le carburant atteindra 1,70 euro immédiatement. Cela dépendra de l'évolution de la situation sur le marché ». Cette admission est intervenue au milieu d'un climat de critique concernant les superprofits de Totalenergies, soulevant des interrogations sur la taxation des grands groupes pétroliers.
« Nous sommes la seule entreprise pétrolière à avoir instauré un plafonnement des prix, ce qui nous a coûté environ 200 millions d'euros », a-t-il défendu, appelant les sceptiques à envisager la situation sous un autre angle.
Une fois de plus, cette audition met en exergue la complexité du marché pétrolier et les défis auxquels les entreprises doivent faire face dans un contexte mondial en pleine mutation. Les consommateurs, quant à eux, continuent d'attendre des jours meilleurs en matière de prix à la pompe.







