Lors d'une intervention à Paris, Jeff Bezos, le créateur d'Amazon devenu entrepreneur spatial, a partagé son rêve ambitieux de restaurer la Terre à son état d'antan, en reléguant les activités polluantes vers des destinations cosmiques.
Il a déclaré : "Si le voyage spatial parvient à devenir sûr et économique, et si nous pouvons exploiter des ressources sur des astéroïdes et des corps célestes proches, alors cette planète-jardin pourra retrouver son état pré-industriel", a-t-il indiqué lors du salon Vivatech.
Ancien directeur d'Amazon, Bezos a cofondé Blue Origin en 2000, une société qui ambitionne d'effectuer une centaine de lancements annuels.
La vision à long terme de Bezos repose sur l'idée que toutes les industries polluantes doivent être transférées hors de la Terre, bien qu'il n'ait pas précisé de calendrier pour cette transformation.
Il souligne que la dégradation de l'environnement est "la seule dimension dans laquelle le monde est en recul par rapport à il y a 500 ans". Contrairement à d'autres facteurs tels que l'illettrisme ou la mortalité infantile, qui se sont améliorés, le milieu naturel reste une préoccupation majeure.
Dans la course à l'espace, Blue Origin se mesure à SpaceX d'Elon Musk, qui vise la colonisation de Mars. Toutefois, Bezos affirme que sa priorité immédiate est d'établir une présence durable sur la Lune.
"Nous allons installer notre présence sur la Lune de façon permanente", a-t-il prévu, évoquant la potentielle exploitation de l'eau glacée dans les cratères lunaires pour produire de l'oxygène et de l'hydrogène via électrolyse.
Il espère qu'un jour, il sera possible d'utiliser les ressources lunaires pour alimenter les missions spatiales.
En matière d'intelligence artificielle, Bezos considère que cette technologie ouvre de nouvelles perspectives, mais a omis de traiter les défis environnementaux qu'elle pourrait engendrer, notamment au regard de la consommation croissante d'énergie et d'eau des centres de données, selon les estimations de l'ONU.
"Nous vivons une époque incroyable. Tout jeune d'aujourd'hui devrait être enthousiaste car il n’y a jamais eu meilleure période pour être entrepreneur", a-t-il ajouté.
Il a rejeté les inquiétudes concernant la perte d'emplois due à l'IA. "Je suis en désaccord total avec cette idée. L'IA risque plutôt de créer une pénurie de main-d'œuvre en permettant de découvrir une multitude de nouveaux problèmes à résoudre", a souligné Bezos.
Pour lui, "nos limites ne proviennent pas de notre imagination, mais de notre capacité à transformer nos idées en réalité".







