"Vous démontrez que c'est possible. Mais qu'est-ce qu'on attend pour faire pareil en France ?" C'est avec cette interrogation que Marine Tondelier, figure montante des Ecologistes, a débuté sa visite récente à Bruxelles, visant à tirer des enseignements du système belge d'accueil des victimes de violences sexuelles.
Récemment, l'affaire Lyhanna a de nouveau mis en lumière la question cruciale des violences sexuelles, poussant la classe politique française à rechercher des solutions efficaces et pérennes.
Elle a passé sa matinée à observer un centre belge dédié à la prise en charge des victimes, qui devrait bientôt atteindre un total de 13 centres dans le pays. Ces établissements, répartis stratégiquement, garantissent un accès maximum d'une heure pour toute victime. Ils offrent une gamme de services incluant soutien médical, psychologique et assistance judiciaire.
Les victimes sont reçues par des professionnels de santé qualifiés, tels que des sages-femmes et des infirmières légistes. De plus, des policiers en civil, formés aux enjeux liés aux violences sexuelles, sont présents pour recueillir les plaintes. "Tout est conçu pour apaiser la victime et éviter le traumatisme souvent causé par un passage au commissariat", a souligné Tondelier, en visitant les installations modernes et accueillantes du centre.
À Bruxelles, des preuves potentielles, notamment des prélèvements ADN conservés dans des congélateurs, témoignent d'une gestion proactive des dossiers. "Nos congélateurs sont déjà bien remplis, il va nous falloir agrandir", a confié Charlyne Liétard, la coordinatrice du centre, au cours de leur échange.
Tondelier, accompagnée de la députée belge Sarah Schlitz, qui a joué un rôle clé dans l'instauration de ces centres, a souligné l'importance d'accumuler un maximum de preuves pour éviter les classements sans suite.
L'écologiste éprouve une "colère" face à l'inaction des autorités françaises. "Nous devons ouvrir de tels centres en France", a-t-elle déclaré à l'AFP, faisant également référence à ses ambitions politiques. "Si je suis candidate à la présidentielle, cela sera l'un des éléments centraux de mon programme. Je veux faire de ce sujet une question de volonté politique".
Elle a mis en exergue un tabou bien ancré dans la société française autour des violences faites aux enfants, commentant: "Il est grand temps de parler de ces sujets sans détours, car nous avons été trop souvent permissifs". Elle a plaidé pour l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs tout en exprimant un scepticisme sur les solutions proposées par la droite, comme les castrations chimiques.
Alors que la question de la prévention contre les violences sexuelles est de plus en plus portée par des voix féminines, il est essentiel d'inclure tous les acteurs, hommes comme femmes, dans cette démarche. "Les hommes aussi doivent s’impliquer, car dans les faits, leur engagement reste limité", conclut-elle.
Suite à cette visite, elle s'apprête à regagner Paris pour participer à un rassemblement devant le ministère de la Justice, à l'instar d'autres voix désireuses de dénoncer les dysfonctionnements du système judiciaire français. L'affaire Lyhanna, qui continue de secouer les esprits, devrait alimenter ce débat essentiel.







