Le consortium MBDA et Safran a été retenu pour fournir à l’armée française un système d’artillerie qui remplacera les lance-roquettes unitaires (LRU). D’autres options, incluant des modèles américains, indiens et sud-coréens, avaient été envisagées.
Pour les forces armées, l'attente a été longue, la question des frappes à longue portée étant un sujet préoccupant depuis plusieurs années. Toutefois, les industriels ont dû répondre rapidement aux exigences, avec un appel à projets prévu pour 2024 et un choix imminent du finaliste. Lors d'une récente inauguration du salon d’armement Eurosatory près de Paris, la Ministre des Armées, Catherine Vautrin, a confirmé l’ouverture de négociations exclusives avec le duo MBDA et Safran, qui propose le système Thundart. « Nous sommes en phase de négociations exclusives », a précisé Vautrin, soulignant le principe de « souveraineté » qui a prévalu dans cette décision.
Dans la dynamique actuelle de réarmement, la capacité de frappes terrestres à longue portée est devenue cruciale. Avec seulement neuf systèmes LRU en fin de vie, l’armée de terre risquait un déficit capacitaire. « J’ai honte », a récemment confié un militaire, reflétant les préoccupations croissantes face à l’obsolescence des équipements. Malgré le désir d'accroître le nombre d'artilleurs, le manque de matériels impose une pause sur ce sujet.
Les LRU doivent être désactivés en 2028 et leur prolongement n'est pas possible car certaines pièces, comme les boîtes de vitesses, ne sont plus fabriquées. Dans ce contexte d’urgence, alors que la possibilité d'un conflit militaire avec la Russie avant 2030 est envisagée, les militaires préféraient une solution « sur étagère ». Lockheed Martin, un industriel américain, a proposé à la France des systèmes Himars, capables d’être livrés en un an et demi. Cette artillerie a fait ses preuves lors du conflit en Ukraine, avec une production rapide de munitions. Pourtant, dans une démarche d’indépendance stratégique, la France a décidé de se doter d'une capacité de frappe à 150 km. Deux consortiums étaient en lice : ArianeGroup et Thales pour le FLPT, et MBDA-Safran pour le Thundart.
Un tir de test a été effectué par MBDA et Safran en avril, avec l’assurance de livrer un système opérationnel en 2029. Le groupe missilier, qui prévoit d'ouvrir une nouvelle usine près d’Orléans, se dit déjà prêt au niveau de la production. Selon la loi de programmation militaire 2024-2030, 13 nouveaux systèmes doivent être acquis d’ici 2030, mais une version mise à jour dénote un besoin accru d’au moins 26 systèmes. Cette rentrée d'équipements s'inscrit dans un retour vers l’autonomie et la résilience de l’industrie de défense française, face aux défis contemporains.







