La récente perspective d'un accord entre les États-Unis et l'Iran a suscité une légère baisse des prix à la pompe, bien qu'un retour à la normalité semble encore loin. Que se passe-t-il exactement sur le marché ?
Les commentaires récents du président américain concernant la finalisation imminente d'un accord, officialisé ce lundi, ont déjà eu un impact. En effet, les cours du pétrole ont connu une baisse significative, entraînant des ajustements dans les prix des carburants.
Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Union française des industries pétrolières (Ufipem), a déclaré à l'AFP : "Bien que plusieurs annonces d'accords aient échoué par le passé, il y a eu un regain de confiance notable ces derniers jours. "
Le baril de Brent, référence mondiale, a chuté de plus de 10 dollars en une semaine, se négociant autour de 83 dollars, après avoir été à 94 dollars le 8 juin. Selon Mme Ruty, cette tendance a mécaniquement fait baisser le prix des produits pétroliers, en particulier les carburants sur le marché de Rotterdam.
Pour les automobilistes, la situation s'est améliorée : le gazole, en forte hausse dans le contexte du conflit, est repassé sous la barre des deux euros le litre, atteignant 1,995 euro au 12 juin, pour la première fois depuis mars.
Concernant le super sans plomb 95 E10, il a également enregistré une baisse, se stabilisant à 1,958 euro le litre, ce qui laisse présager un été moins onéreux pour les Français en matière de carburants, selon Philippe Chalmin, professeur à l'Université Paris-Dauphine.
Le gouvernement, par la voix d'Emmanuel Macron, a promis de veiller à ce que la baisse des prix du pétrole se répercute effectivement à la pompe. Cependant, un obstacle persiste : la demande saisonnière de carburants durant l'été pourrait maintenir les prix à un niveau élevé, comme le souligne Ruty.
Le phénomène connu sous le nom de "driving season" aux États-Unis pourrait influencer la dynamique de marché, particulièrement pour le diesel, dont les prix avaient fortement augmenté durant la crise.
La question demeure : les prix continueront-ils de diminuer ? Michel-Edouard Leclerc, président des centres E. Leclerc, a évoqué la condition essentielle de libérer le détroit d'Ormuz pour éventuellement stabiliser les tarifs des carburants. Philippe Chalmin a ajouté que, si des accords étaient signés, les prix pourraient tomber entre 60 et 70 dollars le baril, similaire à la période avant le conflit.
Cependant, même si un accord est atteint, Patrick Pouyanné, directeur de TotalEnergies, a averti qu’un retour au statu quo ne s'effectuera pas du jour au lendemain. Les entreprises pétrolières souhaitent d'abord s'assurer que la paix sera durable avant de reprendre l'acheminement des ressources.







