Raphaël Glucksmann, eurodéputé et figure montante de la gauche française, est en pleine préparation de son premier meeting à Aubervilliers. Il se donne trois mois pour convaincre et espère séduire le Parti socialiste afin de créer une dynamique autour de sa candidature présidentielle. À l'approche de cet événement crucial, il fait face à la concurrence féroce de Jean-Luc Mélenchon, qui a attiré 26.000 personnes à Saint-Denis, comme l’a rapporté La France Insoumise.
Pour Glucksmann, qui vise l'union des forces de gauche, le défi est de taille : il prévoit de rassembler 2.000 partisans ce samedi, un objectif jugé en deçà de l’ambition de ses rivaux. Antoine Léaument, député insoumis, n’a pas hésité à critiquer cette rencontre, déclarant qu'elle « ne tient pas la comparaison » avec la mobilisation de LFI.
Malgré cette pression, Glucksmann considère que « un grand rassemblement ne fait pas une élection ». Dans un entretien avec Le Parisien, il a réitéré son engagement à créer un nouvel espace politique dont la gauche pourrait se saisir, s'affirmant optimiste pour les élections de 2027.
L'ex-macroniste Aurélien Rousseau, qui a récemment rejoint Place publique, a également signalé que ce meeting serait crucial pour donner de l’espoir à un camp souvent divisé. Glucksmann prépare un discours inspiré de son livre *Nous avons encore envie*, plaidant pour un « nouveau contrat patriotique » afin de « redonner aux Français le contrôle de leur avenir ».
Malgré ses tentatives de rallier le PS, il reste en désaccord avec Olivier Faure, le premier secrétaire du parti, qui ne soutient pas officiellement sa candidature. Ce dernier a d'ailleurs décidé de ne pas se rendre au meeting, soulignant que Glucksmann n'était pas encore le candidat du PS. Une source proche du parti a affirmé : « Raphaël doit d’abord prouver qu’il est capable de rassembler. »
Des figures importantes du PS seront néanmoins présentes, comme Carole Delga, présidente de la région Occitanie, qui a cité Glucksmann comme le candidat le mieux placé pour guider la France. D'autres poids lourds de la gauche, comme le sénateur écologiste Yannick Jadot, seront également de la partie.
Cependant, des critiques persistent au sein de son propre camp, avec des accusations de « virage au centre » venant de certains membres des rangs socialistes. Une députée a exprimé que Glucksmann apparaît comme « trop intellectuel » et déconnecté des préoccupations populaires. Des conseillers lui ont même suggéré d’éviter certaines cibles électorales traditionnelles, une recommandation qu’il assure avoir rejetée.
Pour compenser ces critiques, Glucksmann prône un large rassemblement, précisant qu’il est essentiel d’attirer des électeurs qui se détournent de la gauche. En affirmant que « le sectarisme n'est pas une option », il espère élargir son cercle de soutien au-delà de ses bases traditionnelles.







