Plus de 500 étrangers affluent, notamment des citoyens américains, pour lancer une action collective contre l'État portugais suite à l'adoption récente de la Loi sur la nationalité. Cette législation, promulguée après le retour en force de la droite en avril 2024, modifie considérablement les délais d'accès à la citoyenneté en les étendant de cinq à huit ou dix ans, y compris pour ceux qui ont déjà entamé le processus, selon des informations relayées par Expresso.
Les détenteurs de visas dorés, un programme établi en 2012 pour attirer les investissements étrangers, se trouvent désormais confrontés à des attentes complètement remaniées. Ils avaient jusqu'à présent escompté obtenir la citoyenneté européenne après un investissement d'au moins 500 000 euros, leur ouvrant l'accès à l'espace Schengen, mais devront dorénavant faire preuve de patience et d'engagement sur une période prolongée.
“Nous avons changé toute notre vie pour venir ici […]. Nous avons respecté notre part du contrat. Nous nous sentons trahis”, déclare Kevin Goff, avocat américain, qui a choisi le Portugal comme nouveau foyer en 2021 avec sa famille. Leur investissement dans un projet de santé destiné aux cliniques pédiatriques illustre l'un des nombreux efforts réalisés pour se conformer à la réglementation antérieure.
“Chaque abandon représente 500 000 euros en moins”
La situation est alarmante. D'après les statistiques des services d'immigration portugais (AIMA), près de 4 990 autorisations de résidence pour investissement ont été attribuées cette année. Nombre de bénéficiaires, à travers des réseaux sociaux comme WhatsApp, se regroupent pour envisager de fonder une association en vue de coordonner leur lutte judiciaire. “Nous ne sommes pas des personnes en colère. Nous demandons simplement que l’État portugais respecte les contrats qu’il a conclus”, affirme un des représentants du mouvement.
Les avocats spécialisés, tels que Madalena Monteiro du cabinet Liberty Legal, soulignent les conséquences désastreuses de cette réforme sur les investissements. “Chaque abandon représente un investissement de 500 000 euros de moins au Portugal, souvent dans des projets culturels. Est-ce vraiment ce que souhaite le gouvernement ?” s'interroge-t-elle. Effectivement, les avis sont unanimes : la réforme pourrait entraîner une réduction drastique des investissements étrangers ces prochaines années.
Outre des délais allongés, les investisseurs sont également préoccupés par des frais administratifs élevés, des retards de traitement de dossiers et une obligation de maintien de leurs investissements étendue. La réforme commence déjà à peser sur l'économie nationale : une chute des nouvelles demandes de visas dorés et une augmentation des projets abandonnés sont à noter, générant un sentiment d'inquiétude sur l'attractivité du Portugal pour les capitaux étrangers.







