À la veille d'une élection présidentielle cruciale, le Rassemblement national (RN) prévoit un meeting marquant le 1er mai à Mâcon, en Saône-et-Loire. Bien que le parti n'ait pas encore désigné son candidat pour 2027, cette rencontre est perçue comme un moment clé pour poser les jalons de sa campagne. Les opposants, eux, s'organisent pour contester leur présence lors de cette journée symbolique.
Le Rassemblement national, traditionnellement ancré dans des rassemblements parisiens, change de cap avec cette rencontre régionale. Après avoir investi des villes comme Perpignan et Narbonne lors des précédentes éditions, le choix de Mâcon pour ce rendez-vous du 1er mai souligne une volonté de conquérir de nouveaux terrains. C'est la première fois que le RN délaisse la statue de Jeanne d'Arc à Paris, un symbole fort sous l'ère Jean-Marie Le Pen, pour s'ancrer davantage dans le tissu local avant 2027.
Au programme, une prise de parole dès 14h, avec Marine Le Pen à 14h25 et son successeur potentiel, Jordan Bardella, à 14h55. Près de 5 000 sympathisants sont attendus pour cet événement organisé à la salle de concerts le Spot. Des figures locales du parti, comme les députés Aurélien Dutremble et Julien Odoul, animeront également cette journée qui aspire à faire le bilan des dernières municipales et à engager des discussions sur des thèmes essentiels comme le pouvoir d'achat et la crise internationale. Un membre du parti a déclaré à Franceinfo : "Ce sera un événement de nature et de niveau présidentiels. On partagera une vision sur le social, l'économique, dans la perspective de 2027".
"Le RN n'est pas le bienvenu à Mâcon"
La tenue de ce meeting ne laisse pas indifférents les habitants de Mâcon. Dès janvier, lorsqu'il a été officialisé, plusieurs élus de gauche avaient appelés le maire à interdire cet événement. "Le RN n'est pas le bienvenu à Mâcon. Il est urgent de rétablir un cordon sanitaire contre l'extrême droite", a exprimé Eve Comtet-Sorabella, candidate à la mairie pour LFI, tandis qu'Emile Blondet, socialiste, s'est également indigné auprès de France 3 de voir une salle municipale accueillir le RN.
En réponse, Jean-Patrick Courtois, maire divers centre, a défendu le droit du RN de se réunir : "Nous sommes dans un État de droit. Le Rassemblement national a le droit de louer des locaux pour se réunir". Il a souligné que sa capacité à empêcher ce meeting était limitée par la législation : "Si je m'opposais, il serait immédiatement annulé par le tribunal administratif".
Ce rassemblement, qui pourrait être le premier d'une série, illustre les fractures croissantes dans le paysage politique français à l'aube des élections futures, alors que le RN cherche à renforcer sa présence sur la scène nationale.







