l'essentiel
Fragilisés depuis leur départ de l'exécutif, Bruno Retailleau et Gabriel Attal s’efforcent de redynamiser leur image politique. Cependant, leur popularité en déclin et la compétition avec Édouard Philippe rendent leur repositionnement complexe à l'approche de 2027.
Selon un sondage Odoxa – Backbone publié par Le Figaro le 23 avril, Bruno Retailleau et Gabriel Attal peinent à garder leur ancrage dans l'opinion publique. Ce rapport révèle une dynamique marquée par une perte de crédibilité et une nécessité urgente de se réaffirmer sur la scène nationale.
Retailleau séduit les militants LR, mais peine à élargir son audience
En tant que président des Républicains, la candidature de Retailleau à la présidentielle est d'abord perçue comme un levier interne. En effet, 87% de ses soutiens au sein de LR saluent cette initiative. Cependant, cette légitimité n'est pas vraiment corroborée par l'opinion générale, qui reste partagée (50% contre 48%). De plus, sa popularité a chuté à 41%, enregistrant une perte de dix points en un an.
Cette baisse s'accompagne d'une dégradation de ses caractéristiques personnelles, en particulier un recul significatif concernant son charisme (29% de bonnes opinions, – 12 points) et sa capacité à définir une direction (46%, – 12 points). Bien que 74% des Français l'identifient clairement comme étant de droite, il lui est difficile de dépasser les frontières de son propre camp, avec un rejet marqué sur la gauche et des avis mitigés chez les électeurs similaires.
Attal : une image plus favorable, mais un héritier trop proche de Macron
Gabriel Attal connaît une trajectoire similaire, bien que plus nuancée. Depuis son départ de Matignon, il a perdu 11 points, s'établissant à 43% de bonnes opinions. Contrairement à Retailleau, son image est plutôt bien perçue à gauche, avec 64% de bonnes opinions chez les socialistes et 51% chez les écologistes.
Cependant, il fait face à une chute nette concernant son autorité et sa solidité : seulement 26% des Français reconnaissent ces qualités, soit – 19 points. Sa compétence (41%) et sa capacité à incarner un leadership (40%) sont également en déclin. Malgré des atouts comme son dynamisme et sa sympathie, ces qualités s'affaiblissent.
Un autre obstacle demeure : 57% des Français estiment qu'il appliquerait une politique inchangée empruntée à Emmanuel Macron. Malgré ses efforts pour se différencier, Gabriel Attal est toujours perçu comme l'héritier du président sortant.
Édouard Philippe : la figure incontournable du centre
Dans ce contexte, Édouard Philippe se présente comme la référence du bloc central, avec 43% des Français voyant en lui un bon candidat, devançant nettement Gabriel Attal (37%) et Gérald Darmanin (31%). Ce dernier excelle également auprès des sympathisants centristes, dont 88% approuvent sa candidature.







