Ces derniers mois, un mélange de riz blanc, de poulet croustillant et de sauces variées a su captiver l'attention des jeunes. Les enseignes comme Master Poulet et Tasty Crousty, propulsées par des vidéos à succès sur les réseaux sociaux, ne rencontrent pas que des adeptes, mais aussi des réticences parmi les municipalités où elles s'installent.
Élaborée à partir d’un émincé de poulet pané croustillant accompagné d'une généreuse quantité de sauce – qu'elle soit aigre-douce, barbecue ou épicée, le tout sur un lit de riz – cette recette fait partie intégrante de l’univers de la street food. Le tout est généralement proposé dans une barquette de 400 grammes, à un prix oscillant entre 9 et 11 € en moyenne. Ces offres, semblant attirer la foule, ont attiré l'attention des réseaux sociaux, amenant à une certaine saturation.
Cette engouement, bien qu’accueilli avec enthousiasme par ses fans, suscite l’agacement des riverains des établissements qui se multiplient. À Saint-Ouen, en proche banlieue parisienne, l’ouverture d'un Master Poulet a engendré un véritable bras de fer qui a finalement pris une tournure judiciaire. Comme le rapporte Le Parisien, le propriétaire du restaurant avait tenté d’entrer en contact avec la municipalité avant de se lancer, sans succès. Peu après l’ouverture, la mairie a déposé des blocs de béton devant le restaurant afin d’empêcher l’exploitation d’une véranda bâtie selon elle sans autorisation, rendant l’accès impossible.
La municipalité a alors annoncé que l'établissement, dont l’implantation avait été fermement refusée, devait fermer ses portes. Cependant, la décision du tribunal des référés a favorisé le restaurateur, estimant que la commune avait entravé le fonctionnement de l’établissement sans justification suffisante. Les proches du maire, Karim Bouamrane, ont déjà exprimé leur volonté de poursuivre la lutte.
Mais pourquoi un tel rejet pour un restaurant nouvellement ouvert ? La commune de Seine-Saint-Denis justifie cette opposition par son souhait d’établir un commerce de qualité, affirmant que la malbouffe n’a pas sa place à Saint-Ouen. Il est vrai que ces barquettes se distinguent par leur densité calorique, pouvant atteindre jusqu'à 1200 calories.
Des files d’attente qui dérangent
Le conflit à Saint-Ouen n'est pas un cas isolé ; d'autres municipalités, comme Asnières et Châtillon, ont également émis des réticences face à l’enseigne, évoquant des travaux non autorisés ou des nuisances causées par les horaires de vente à emporter. Dans le 12e arrondissement de Paris, la mobilisation des riverains du quartier de la porte Dorée a également conduit à une pétition de plus d'un millier de signatures accusant des nuisances olfactives.
Les commerçants de Boulogne-Billancourt semblent lasse du phénomène, dénonçant l’afflux de clients qui encombre les trottoirs. Ce type de succès, où des files d'attente se forment tous les jours, est souvent un trait typique des restaurants de ce type, attirant les jeunes avides d’un bon rapport qualité-prix.
Ces nouveaux acteurs de la street food ont brillamment compris comment séduire les moins de 35 ans. Plutôt que de recourir à un marketing traditionnel, ils exploitent massivement les réseaux sociaux, en collaborant avec des influenceurs et en lançant des campagnes virales ciblées.
L'enseigne Krousty Sabaïdi, qui revendique la paternité de cette recette, a déjà fait des vagues depuis son ouverture à Lormont près de Bordeaux en 2012. En effet, ses stratégies de marketing comprennent des concours, des visites d'influenceurs et des offres massives pour les premiers clients, parfois engendrant une telle affluence qu'il a fallu l’intervent ion des forces de l’ordre.
Avec un tel succès, pourquoi se limiter seulement au poulet ? On voit déjà des établissements tels que Pizza Crousty, Crousty Pasta, et même des Crousty Burger se répandre. Pour les amateurs de cuisine qui préfèrent se passer de l'attente, de nombreuses recettes en ligne offrent des alternatives que chacun peut essayer de préparer chez soi.







