Avec un projet en main et un mouvement bien structuré, l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve avance résolument vers la présidentielle de 2027. Sa détermination se fait jour alors que la compétition s'intensifie à gauche.
"J'ai compris qu'il fallait se préparer", a-t-il déclaré jeudi devant quelques journalistes. Cazeneuve se déclare convaincu que son mouvement, La Convention, a des perspectives à offrir aux électeurs. Établi après son départ du Parti socialiste, il a pour but de marquer une nouvelle direction pour la gauche face aux alliances contestées.
Samedi dernier, Cazeneuve a tenu une réunion de ses partisans dans une salle de l'Assemblée, marquant ainsi une étape supplémentaire vers une éventuelle candidature. Il se joint à une liste déjà riche de prétendants, parmi lesquels Raphaël Glucksmann et François Hollande.
Cazeneuve se vante d'avoir rassemblé des figures variées, allant du MoDem à des ex-macronistes, tout en affirmant que son projet incarne le cœur de la social-démocratie. "Qui d'autre a réussi à unir autant de sensibilités sous une même enseigne?", interroge-t-il, affirmant sa singularité vis-à-vis d'autres figures politiques.
Actuellement, son mouvement compte 15 000 membres, incluant des élus locaux et parlementaires. Avec un comité politique récemment formé, La Convention se dote d'une infrastructure sérieuse pour aborder la campagne.
Cazeneuve annonce avoir élaboré un programme ambitieux, en collaboration avec 150 experts. Il assure que le projet sera bientôt rendu public, tout en soulignant l'importance de disposer d'une association de financement pour soutirer les moyens nécessaires à la campagne électorale.
"Un projet ne sert pas à l'exposition", déclare-t-il, prévenant qu'il bat un chemin stratégique pour faire face aux défis nationaux. "Ma détermination est pour le pays, pas pour mon ego", insiste-t-il, se présentant comme un rempart contre la montée du Rassemblement National.
Cependant, il regrette le manque d'engouement pour sa proposition de rassembler la gauche. Lors d'une rencontre à Pontoise, il avait tenté d'unir des figures comme Glucksmann et Hollande, sans succès. "Les agendas personnels ont pris le dessus", soupire-t-il.
Pendant ce temps, d'autres acteurs, tels que Glucksmann, s'alignent désormais avec Vallaud et Jadot pour créer une plateforme face au RN, laissant Cazeneuve sur le côté. "Pour rassembler, il faut dialoguer", estime-t-il.
Finalement, face à cette pléthore de candidats, comment choisir? Cazeneuve évoque la théorie de Darwin pour prévoir les prochaines dynamiques au sein de la gauche, tout en gardant un sourire serein.







