La récente décision d'un juge fédéral du Massachusetts de suspendre les modifications proposées par Robert Kennedy Jr., ministre de la Santé de l'administration Trump et connu pour ses positions sceptiques vis-à-vis des vaccins, marque une étape clé dans le débat sur la vaccination aux États-Unis. Ce revirement est considéré comme un coup dur pour la refonte de la politique vaccinale, largement critiquée par la communauté médicale.
Doutes sur les méthodes scientifiques
Le juge a affirmé que le gouvernement américain avait ignoré les méthodes scientifiques habituelles dans ses révisions des recommandations vaccinales. La décision, qui fait suite à une plainte d'associations médicales telles que l'Académie américaine de pédiatrie et la société d'infectiologie, remet en question les changements apportés à la liste des vaccins recommandés, notamment ceux concernant le Covid-19.
En mai 2025, Kennedy avait annoncé sur ses canaux sociaux que les vaccins contre le Covid-19 ne seraient plus recommandés pour les enfants et les femmes enceintes, provoquant l'indignation de nombreux experts.
Une décision contestée
Un représentant du ministère de la Santé a exprimé son désir de voir cette décision annulée rapidement. Cependant, les professionnels de la santé accueillent la suspension comme une victoire pour la santé publique. Jason Goldman, de l'American College of Physicians, a déclaré : "Cette décision souligne l'importance d'une politique fondée sur des preuves scientifiques, et non sur des intérêts politiques." Il a souligné que des montages de données prouvent l'efficacité et la sécurité des vaccins.
Remaniements dans le comité d'experts
Les perturbations de la politique vaccinale vont plus loin, avec le limogeage par Kennedy de l'équipe d'experts de l'ACIP, remplacée par des figures jugées controversées. Selon le juge, seul un petit nombre des membres actuels ont une expérience notable dans le domaine des vaccins, ce qui soulève des questions sur la crédibilité des décisions prises par ce comité.
Les organisations médicales dénoncent également l'arrêt de recommandations essentielles, comme celle du vaccin contre l'hépatite B pour les nouveau-nés. Les perturbations survenus ces derniers mois, y compris les nouvelles orientations concernant d'autres vaccins, resteront en suspens jusqu'à nouvel ordre.
Conséquences à venir
Robert Kennedy Jr, qui a déjà suscité des inquiétudes en remettant en question la sécurité des vaccins, devra maintenant faire face à une série de défis juridiques. Ronald Nahass, président de la société d'infectiologie, a qualifié cette décision de rétrograde et a dénoncé la confusion et la méfiance engendrées auprès du public. La décision pourrait ouvrir la voie à une bataille juridique prolongée, alors que le gouvernement s'apprête probablement à faire appel.







