Entrée en vigueur le 1er mars dernier, la taxe française de 2 euros sur les petits colis provenant de pays hors Union européenne visait à freiner l'importation de mode à bas prix. Toutefois, Shein, Temu et AliExpress ont déjà trouvé un moyen efficace de la contourner.
Un contournement par d’autres aéroports
Pour faire appliquer les taxes douanières, les marchandises doivent arriver directement en France depuis des pays hors de l'UE. Ce détail apparemment anodin est devenu une faille exploitée par les géants de l'e-commerce. En effet, plusieurs plateformes ont redirigé leurs vols-cargos pour atterrir dans des pays tels que la Belgique, les Pays-Bas ou la Hongrie. De là, les colis sont ensuite transportés par camion vers la France, leur permettant d'échapper à la taxe.
Une chute de déclarations douanières de 92 %
Un rapport de l'Union des entreprises de transports et de logistique de France (TLF) révèle une baisse de 60 % des vols cargo en provenance de la Chine, équivalant à environ une cinquantaine de trajets en moins par semaine. Le Groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens, a noté une perte d'un tiers de son trafic total de fret, avec une chute vertigineuse de 92 % des petits colis acheminés vers Roissy-Charles-de-Gaulle depuis le 3 mars, par rapport aux chiffres de 2025, informe RMC.
Des employés de la zone cargo, interrogés par RTL, rapportent que presque plus aucun vol chinois n’arrive à Roissy, et certains employés ont même perdu leur emploi en conséquence.
Un contournement provisoire
À compter du 1er juillet 2026, une taxe européenne de 3 euros sur les petits colis devrait entrer en vigueur, rendant ces contournements potentiellement obsolètes. Cependant, les acteurs du e-commerce chinois, comme Shein, semblent avoir une longueur d’avance. La société a récemment annoncé l’ouverture d’un entrepôt colossal de 740 000 m² en Pologne, équivalent à cent terrains de football. Cela leur permettra d’expédier des colis à partir de marchandises stockées en Europe, échappant ainsi aux taxes supplémentaires.
Comme le souligne le quotidien économique Les Echos, "la plateforme ne recevra pas de colis expédiés de Chine, puisqu'elle est destinée à sa 'marketplace' européenne, pour les vendeurs tiers." Ainsi, on prévoit un afflux de produits acheminés par bateau de Chine vers l'entrepôt en Pologne, où ils seront préparés avant expédition. Rappelons que la taxe s'applique aux envois dont la valeur est inférieure à 150 euros.







