Un an après son élection, le chancelier allemand Friedrich Merz se retrouve à un carrefour décisif à Stuttgart, où il doit prouver sa capacité à revitaliser le parti chrétien-démocrate (CDU). Alors qu'il fait face à une popularité en berne et des promesses non tenues, la pression de l'extrême droite pèse sur lui.
Sa réélection au poste de dirigeant du CDU semble acquise, mais le score qu'il obtiendra sera scruté de près, notamment après avoir atteint 95% des voix en 2022. Carsten Linnemann, le secrétaire général de la CDU, a fait preuve d'optimisme sans toutefois avancer de pronostic spécifique.
Merz retrouvera également Angela Merkel, son ancienne rivale, qui l'a tenu à l'écart de la politique allemande pendant plusieurs années. Leur relation reste marquée par certains désaccords, notamment concernant l'accueil des réfugiés en 2015, une décision qu'il critique encore.
Ce congrès pourrait s'avérer déterminant pour Merz alors qu'il doit dévoiler un plan pour préparer des élections régionales à venir, particulièrement cruciales dans l'est du pays où le populisme de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) inquiète les conservateurs.
S'étant vu confier les rênes du pays en mai après une victoire aux législatives de 2025, il a dû composer avec une situation économique fragile et des critiques, y compris au sein de sa propre coalition, sur la lenteur des réformes nécessaires pour relancer la croissance.
Carsten Linnemann s'oppose toutefois à l'idée, relayée par certains médias, que l'ambiance au sein du parti soit dégradée. Les attentes des Allemands vis-à-vis des réformes n'ont pas été comblées rapidement, comme l'indique Marc Debus, chercheur en sciences politiques. Selon lui, de nombreux défis sont restés inaddressés l’an dernier.
Rainer Dulger, président de la fédération patronale BDA, a également exhorté Merz à proposer des réformes substantielles, telles que des baisses d’impôts et une réforme de la bureaucratie, surtout à un moment où les prévisions économiques s'annoncent pessimistes avec une croissance attendue d'à peine 1% en 2026.
L’économie allemande doit aussi faire face aux droits de douane américains, aux coûts énergétiques et à un retard technologique par rapport aux États-Unis et à la Chine.
Cependant, Merz met en avant des avancées, comme l'accord de son gouvernement sur une réforme des infrastructures et un renforcement de la défense nationale, en réponse à la menace russe et à la nécessité d'une autonomie militaire au sein de l'Europe.
Sur le front migratoire, le chancelier se félicite d'une réduction drastique des arrivées de demandeurs d'asile, grâce, entre autres, à des contrôles renforcés aux frontières, une approche qui a aussi provoqué des critiques.
Bien que Merz tente de renforcer le positionnement diplomatique de l'Allemagne, des sondages, comme celui du journal Bild, indiquent que seulement 22% des Allemands le jugent mieux que son prédécesseur, Olaf Scholz. De plus, des commentaires sur la culture du travail en Allemagne ont pu le discréditer davantage.
Finalement, la menace de l'AfD reste un challenge à sa droite, et Merz se questionne sur la manière d'attirer leurs électeurs sans aliéner ceux du centre. Selon le politologue Benjamin Höhne, un virage à droite pourrait détacher les électeurs modérés sans forcément attirer ceux de l'AfD.







