Les Japonais se rendent aux urnes ce dimanche pour des élections législatives anticipées, marquées par la promesse d’une victoire pour le Parti libéral-démocrate (PLD) de la Première ministre Sanae Takaichi, connue pour ses positions ultra-conservatrices et sa rigueur sur l'immigration.
Les bureaux de vote fermeront à 20H00 (UTC+9), et les premières estimations des résultats devraient suivre peu après. Au cœur de cette campagne, Sanae Takaichi, première femme à diriger le pays, a capté l’attention des électeurs avec un discours orienté sur la prospérité et la sécurité nationale.
Admiration déclarée pour Margaret Thatcher, elle s'est engagée à "pousser le bouton de la croissance" tout en durcissant les règles d’immigration pour prévenir l'entrée de potentiels terroristes et espions industriels. Ces thématiques ont suscité des réactions variées, notamment de la part de Mikitaka Masuyama, professeur à l’Institut national d’études sur les politiques (GRIPS), qui explique que son discours est suffisamment clair pour toucher le public.
Un appui considérable soutient sa candidature, avec des sondages favorables prédisant que le PLD pourrait dépasser les 233 sièges nécessaires pour la majorité absolue, malgré une légère érosion de son soutien ces dernières semaines. Le PLD, allié à son partenaire de coalition, le Japan Innovation Party (JIP), pourrait même atteindre les 300 sièges sur les 465 en jeu.
En parallèle, l'opposition, menée par la Nouvelle Alliance réformiste centriste, est donnée en déclin, avec des prévisions de pertes conséquentes, et la menace que représente le parti populiste "Sanseito" semble momentanément atténuée par la fermeté du discours de Takaichi sur l’immigration.
Au-delà de la politique, l’économie reste une priorité. Les préoccupations liées à l'inflation, stable au-dessus des 2% depuis près de trois ans, pèsent sur l'esprit des électeurs, comme l’a noté Hiroshi Shiratori, professeur à l'université Hosei. Takaichi propose un plan de relance ambitieux de 135 milliards de dollars et envisage d’exempter les produits alimentaires de la taxe à la consommation pour soulager les ménages.
Son approche économique a cependant suscité des appréhensions parmi les investisseurs, surtout en considérant ses déclarations ambiguës concernant un yen faible. Toutefois, Takaichi affirme que sa mission est de rendre le Japon "plus prospère et plus sûr". Cette promesse a pour cadre une diplomatie affirmée, particulièrement en ce qui concerne les relations délicates avec la Chine, où elle a laissé entendre une possible intervention militaire en cas de conflit autour de Taïwan.
Enfin, le soutien de figures internationales, tel que Donald Trump, qui a qualifié Takaichi de "dirigeante solide et sage", pourrait renforcer sa crédibilité auprès des électeurs indécis, vital pour ses ambitions politiques futures. Alors que ces élections se déroulent, il ne fait aucun doute que les résultats auront un impact significatif sur la trajectoire du Japon dans les années à venir.







